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La silice (arts picturaux)

 

Accès direct Silice colloïdale --> cliquer ici

La silice est assez connue pour ses multiples emplois en sculpture et arts du feu (terre, verre).

Elle l'est moins en tant que produit auxiliaire en peinture. Il faut dire que les argiles (même le très pur kaolin) n'ont pas très bonne réputation : elles sont cassantes, font perdre leur viscosités aux liants, craquèlent, etc.

Et pourtant, Dotapea a pu recenser quatre utilisations de la silice dans de hauts domaines des arts picturaux et décoratifs :

* l'emploi de terres à diatomées pour la laque japonaise. Elle sert de charge pour l'impasto ;

* l'emploi de "tripoli" pour les patines en ébénisterie ;

* l'emploi de "silice colloïdale" tant en peinture décorative qu'en peinture artistique - voir ci-dessous ;

* l'emploi de sable en peinture artistique ou décorative.

Dans chaque cas, ce sont des propriétés très différentes de la silice qui sont mises à contribution.

Le sable et les autres produits étant traités sur d'autres pages, nous évoquerons uniquement dans celle-ci la silice colloïdale parce que c'est elle qui intéresse les peintres en premier lieu.

 

La silice colloïdale

 

Son procédé de fabrication aurait été mis au point par Théodore Schwenk, un spécialiste de l'hydrodynamique contemporaine qui s'est notamment intéressé à l'argile (information non confirmée à ce jour). Elle se présente sous la forme d'une poudre très fine (haut de l'image ci-dessous).

L'adjectif "colloïdal" ne doit pas induire en erreur : il ne s'agit pas d'une "colle de silice". Le produit montre bien une certaine viscosité à la mise en solution bien caractéristique des colloïdes, mais s'il n'est pas adjoint d'un liant ou d'une colle, il retombe en poudre une fois sec (cf. image). Si on le mouille de nouveau, il retrouve ses propriétés colloïdales.

Ce caractère colloïdal est extrêmement important dans le domaine des charges pour la peinture. Le problème des charges "cristalloïdes" - qui sont une majorité -, est qu'elles sont totalement dépourvues de réaction à leur environnement et "tombent" dans les pâtes de peinture comme elles tomberaient dans un verre d'eau ou presque, entraînant avec elles force accidents picturaux. La silice colloïdale est donc une charge particulièrement intéressante. Par contre, il faut reconnaître qu'elle donne une pâte certes transparente, mais un peu grisâtre à sec. Cela empêche de l'employer massivement pour des travaux où l'on recherche la pureté de la couleur ou la transparence.

D'ailleurs, elle n'est pas toujours employée comme charge : elle est également présente dans différents médiums et vernis du commerce car elle présente des vertus spécifiques liées à sa grande plasticité. Par exemple, le médium cristal pour peintures à l'huile, simple mélange d'huile d'œillette et de silice colloïdale, a une particularité : il conserve les stries laissées par la brosse.

La silice colloïdale donne à la pâte ou au vernis un aspect satiné ou mat en fonction des proportions. Elle est un agent matifiant fort puissant. Elle semble un peu "boire" les liquides et donne vraiment une pâte "cohérente" bien différente de celle que l'on obtient avec les cristalloïdes. On sent qu'il y a vraiment conjugaison de propriétés distinctes et non adjonction d'un produit neutre.

 

Elle est vendue par certains détaillants spécialistes des produits pour les arts plastiques, parfois aussi chez les spécialistes de la décoration.

Il semble qu'il existe une version acide à base d'acide silicique, sous forme de gel, utilisée notamment en pharmacologie, en plus de la version inerte pulvérulente, véritable silice de composition SiO2 et de pH effectivement neutre en présence d'eau. Si vous avez un doute quant à la provenance ou la qualité d'une silice colloïdale, testez-la en solution dans l'eau distillée à l'aide d'un papier tournesol.

 

Toxicité :

Il s'agit d'un produit ininflammable. Ses incompatibilités concernent des produits contenant du fluor ainsi que certaines solutions d'alcalis peu communes dans un atelier de peinture. Il n'est pas cancérigène ni mutagène. C'est un produit sans grande dangerosité.

Note :

Cette silice est également employée dans le domaine du moulage comme épaississant durcissant des résines polyesters, du plâtre et de l'alginate. Ses applications sont par ailleurs multiples : on la retrouve en cosmétique, en papeterie, en pharmacologie, dans l'industrie des abrasifs, des matériaux réfractaires et des textiles.

Une emploi encore plus rare concerne les aérogels.

 

 

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