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Courrier des lecteurs
2009
Saison
3
cdl cdl cdl
Présentation, navigation,
explications, sommaire thématique :
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Date - Émetteur
Thème |
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Questions et réponses |
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29/12/2009 - J.P-M.
Pinceaux synthétiques,
durée de vie des brosses
Dialogue suivant |
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JPM :
Je cherche de bon pinceaux pour l'acrylique. Ma prof en a des assez
moyens qui ont tendance à s'ouvrir dans le sens de l'épaisseur après
quelques utilisations. C'est gênant, avec une brosse fine ou un
pinceau rond on fait deux traits parallèles au lieu de un !
Il y a une offre considérable dans ce domaine, et il est difficile de
distinguer la qualité comme pour les pinceaux naturels.
Y a t-il des qualités différentes de fibres synthétiques ? Les
qualités indiquées dans les catalogues (comme le K. chez R.) semblent
être des appellations de marques et non des termes techniques.
Merci d'avance pour vos conseils et bon réveillon.
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Dtp :
Merci à vous ! Oui ce sont des intitulés
commerciaux qui ne renseignent guère sur les propriétés, c'est vrai.
Mais à la décharge des fabricants on peut répondre que les
formulations et intitulés chimiques sont d'un maigre secours à
l'acheteur. Une solution est de se documenter sur les
sites internet des fabricants. Leurs informations sont parfois plus
instructives que des témoignages directs. La dimension affective est
sensible concernant cette "baguette magique" du peintre.
Dans le cas que vous évoquez, peut-être
l'autre série de la même maison R. vous conviendrait-elle mieux. Nous
en avons de bons échos mais comme dit cela est très subjectif. In
fine, rien ne remplace un bon test.
Il faut souligner (cf.
passage in
Pinceaux : les poils) que la durée de vie d'une brosse
pour l'acryle ou l'huile est généralement bien inférieure à celle d'un
pinceau de bonne qualité (synthétique ou pas) destiné à l'aquarelle ou
aux encres. Cela n'est pas tant dû aux poils qu'au support
généralement plus rugueux et plus grand, et aux solvants de la
peinture.
Ainsi un peintre non-aquarelliste
achète-t-il rarement une seule brosse à la fois sinon pour effectuer
des évaluations ou pour les grandes tailles.
Dans certains cas il est possible de détourner l'emploi normal d'un
pinceau conçu a priori pour l'aquarelle et les encres. On peut aussi
apprêter le support de manière plus lisse ou changer de marque de
peinture dans le cas de l'acrylique en
particulier.
Mais n'oublions pas les solutions
alternatives. En peinture contemporaine on a tout essayé pour
appliquer de la peinture et dans les temps anciens, les artistes ont
souvent fabriqué leurs pinceaux, ce qui relève du même esprit. Combien
de balais-brosses, combien de
surémiges, qui sont partis joyeux pour d'autres phénomènes, dans
ce bel horizon se sont épanouis !
Blague hugolienne à part, il est vrai que les brosses s'usent bien
vite et posent ainsi un problème à la fois financier, pratique et
artistique aux
peintres. Merci d'avoir évoqué ce sujet.
Pour l'occasion, on peut relire la
section Les pinceaux.
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1/12/2009 - J.P-M.
Séchoir à pinceaux
Dialogue suivant |
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JPM :
J'ai lu votre article sur l'entretien
des pinceaux.
Vous dites que l'on trouve dans le commerce des "séchoirs
à pinceaux" généralement en aluminium.
J'ai fait une recherche sur le web : aucun résultat, hormis votre
site.
Est-ce commercialisé sous un autre nom ?
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Dtp :
Oui : pincelier. Appellation commerciale
sans grande valeur d'autant plus qu'elle est erronée. L'article
concerné vient d'être modifié en ce sens. Cliquer
ici.
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26/11/2009 - D.L.
Pigments suspects et
badigeon
Dialogue suivant |
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[Certains noms de
marques commerciales ont été abrégés ou modifiés. Il ne s'agit pas ici
d'attaquer des entreprises précises, ce qui n'est pas le rôle de
Dotapea, mais d'évoquer une problématique générale intéressant nombre de cas et
appelant à une réelle réflexion sur la conduite la plus adaptée]
DL :
Bonjour,
J'ai voilà huit ans peint tous les murs de ma maison à la
chaux en y
incorporant un ou plusieurs pigments en poudre en fonction des murs.
les résultats esthétiques ont été largement à la hauteur de mes
souhaits.
Les pigments ont été acheté à X [entreprise de la grande distribution] sous l'appellation
Y. Bien qu'ayant renforcé l'adhérence en ajoutant un peu de S
[adjuvant synthétique] à mes préparations, certains
badigeons sont
restés un peu pulvérulent et certains pigments se détachent au
frottement ou au contact. X apparemment ne vend plus ces produits sous forme de
poudre.
Ma question est de savoir si ces produits peuvent contenir des métaux
lourds toxiques comme du plomb, du cadmium, du chrome ou autre et quel
danger je pourrais faire courir à mes jeunes enfants qui vivent dans
cet environnement.
Voici une liste des dénominations de ces pigments :
* jaune de chrome
* jaune de Naples
* jaune nickel
* jaune d'or
* ocre jaune
* terre verte
* rouge de Venise
* oxyde rouge
* rouge grenat
* sienne orangé
* rouge de mars
* oxyde violet
* violet de cobalt
* bleu outremer
Je vous serais reconnaissant si vous
pouviez me rassurer, m'alerter ou dans le cas contraire m'orienter
vers ceux qui seraient susceptible de le faire.
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Dtp :
Si les pigments que vous évoquez ne sont
pas des imitations, ils sont dangereux, du moins certains d'entre eux,
surtout s'ils laissent une trace sur le doigt lorsque vous effleurez
la surface.
Parenthèse sur les métaux lourds : tout cela n'est pas univoque. Le
chrome par exemple n'est
pas toxique dans tous ses états. Il l'est dans le jaune de chrome, pas
dans le vert dit vert oxyde de chrome (ci-dessous).

La plupart du temps, le "mal" n'est pas
dans l'atome mais dans ses associations. Qui rechignerait à saler ses plats parce
que le sel de table n'est autre que l'association du sodium et du chlore, à savoir deux grands toxiques
pris isolement ? Un métal lourd peut être durablement stable et
ne poser aucun problème particulier, comme dans le cas de ce vert
subtil classé parmi les plus bénins de la palette dans les
nomenclatures institutionnelles et les ouvrages d'auteurs.
[Dtp] Si ces pigments sont mal isolés de l'air
ambiant, il faut effectivement agir mais ne vous précipitez surtout
pas dans un travail de ponçage qui risquerait d'éparpiller des
substances à ne pas inhaler ni ingérer.
Clothilde Bernair donnera son point de
vue pour le versant chaux de votre question (voir
Chapitre XVI des
Dialogues de Dotapea). Réponses ci-dessous,
en synoptique.
Rappel : X désigne une entreprise de la
grande distribution et S une résine synthétique pour déco/Btp (voir
introduction).
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Dialogue Dl
Dl : Il me
reste un peu de chacun des pigments (à part le rouge de Mars et un
jaune de cadmium dont j'ai oublié de vous parler) dont je vous
mentionnais l'usage et il ne sera pas difficile d'en faire l'analyse.
J'ai écris à X pour qu'il me dise s'il y avait des produits
toxiques dans leurs pigments et j'attends leur réponse. Parallèlement à
ça j'ai contacté plusieurs sites immobiliers qui font des diagnostics
plomb pour évaluer le coût d'une détection du plomb (entre 120€ et
250€) (ce qui est aisé car il ont l'appareil pour) et les prélèvement à
envoyer au laboratoire pour les autres composants. selon certain
d'entre eux il ne peut y avoir de plomb car celui ci est interdit
depuis 1949 dans la composition des pigments et peinture. affirmation
à vérifier.
En tout état de cause j'attend la réponse de X, s'il daigne le
faire, puis je ferais les contrôles qui s'imposent.
Dtp :
Concernant le plomb, on en trouve
toujours dans plusieurs produits Beaux-arts. Mais quand on parle de
"peintures au plomb" aujourd'hui interdites, il s'agirait en fait
(sous réserve de confirmation) d'un
siccatif, l'oxyde de plomb, que l'on aurait systématiquement ajouté aux
peintures décoratives grasses pour les faire sécher plus vite. C'est
cela qui aurait d'abord été visé et non le chromate ou le carbonate (céruse)
qui sont des produits chromatiques. Par exemple concrètement la céruse
est en vente, ce n'est pas illégal (à vérifier car ces choses
évoluent) mais le pot porte une tête de mort.
DL :
J'ai réussi enfin à joindre X qui m'a affirmé en m'envoyant une des
fiches technique de ces produits qu'ils ne contenaient pas de matières
toxiques. J'ai par ailleurs réussi à retrouver le fabricant qui m'a confirmé aussi l'absence de matières dangereuses, dont
l'usage était de toutes les manières interdit pour la vente au grand
public. Il m'a dit que les noms de leurs pigments n'avaient pas de
rapport avec leur contenant comme leurs appellations en référence à
des produits plus anciens pouvaient le laisser supposer. Je suis
soulagé et heureux d'avoir pris le choix du badigeon qui à priori,
maintenant que l'éventualité de leur toxicité a été écartée, ne
présente que des avantages. Je vous remercie de vous être préoccupé de
mes inquiétudes et trouve votre site particulièrement intéressant. Je
vous joins la fiche technique des pigments que j'ai utilisé.
Dtp :
Merci à vous. L'interdiction à la vente
de matières dangereuses n'est en aucun cas une affaire terminée.
Au passage lecture faite de la p.j. il n'y
a quand même qu'un seul pigment sur cette fiche et force est de
constater que ni le nom "oxyde rouge" ni le texte ne donnent des
indications sur la nature du pigment.
Par ailleurs lorsque l'on achète un rouge de cadmium, c'est bien sûr
pour trouver un rouge de cadmium. Il peut donc être question de
tromperie dans le cas que vous évoquez.
Cela pourrait intéresser la DGCCRF mais là n'est pas le propos de
Dotapea qui, bien que respectueuse des recommandations de
Xavier de Langlais n'est en aucun
cas une association de défense des consommateurs. Pour autant, tout cela n'est pas entièrement rassurant et l'on ne
saurait trop vous conseiller, pour en avoir le coeur net, de réaliser
sans tambours ni trompettes les analyses que vous évoquiez afin de vérifier dans le concret
les
affirmations de vos interlocuteurs.
Clothilde donne par ailleurs
d'excellentes réponses sur le versant chaux.
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Dialogue Clothilde
Bernair (accéder à
son site)
Dtp :
(...) une question à laquelle vous pouvez peut-être répondre. C'est un
monsieur qui a préparé il y a huit ans un badigeon de chaux avec des
pigments et du S.
Aujourd'hui, cela semble
fariner et il est inquiet parce que les
pigments de l'époque n'ont pas l'air anodin (du genre
jaune de chrome ou
jaune de Naples par exemple).
(...) que diriez-vous plus généralement
aux personnes qui ont des problèmes de chaux qui farine ? Ils
ont peut-être mis trop de pigments, mais de là, que faire ? Est-ce qu'une couche
pure au-dessus, éventuellement ferrée,
suffirait ?
Cb : (...)
il faudrait d'abord voir la gravité du farinage, s'il peut laisser
tel quel ou non (...)
Le S fixe en principe les pigments.
C'est je crois une espèce de colle/résine acrylique qui est destinée à
coller et étanchéifier.
Dtp : Le
fabricant de S affirme que ce produit améliore la plasticité, qu'il
imperméabilise, qu'il joint les maçonneries et même les préfabriqués,
qu'il répare les épaufrures de béton, qu'il durcit le plâtre, qu'il
améliore l'adhérence des mortiers sur tout support même lisse (fer et
verre compris), que ceci et cela encore, mais le plus amusant est
qu'ils annoncent que ça réduit l'usure et le poussiérage... :D
[Cb] C'est vrai que la quantité de pigments
joue aussi un rôle (on peut, avec une résine, aller grosso modo jusque
10%), comme le support d'ailleurs, qui est fondamental.
Si son badigeon est assez fin, il existe effectivement des produits
permettant de fixer les supports poreux ou pulvérulents pour repeindre
par dessus. Evidemment il faut d'abord enlever tout ce qui ne tient
plus, dépoussiérer,...
Je n'en connais pas qui fixe et durcisse des matières sans que l'on
doive remettre une couche.
[Donc]
1/ grattage, dépoussiérage ou enlèvement
total
2/ fixation
3/ accrocheur spécifique pour la chaux
4/ badigeon avec ou sans pigments
adéquats.
(...) Concernant les pigments jaune
de chrome, je crois qu'effectivement ce n'est pas l'idéal, cela
fait une réaction chimique avec la chaux (...) Tous les pigments ne
sont pas compatibles avec la chaux. Il y a parfois des choses
curieuses qui arrivent, des rouges qui deviennent verts, ou rose
pâle...
Dtp :
Oui ! Cf. Pigments pour la fresque.
Cb : Il
faut préparer le support et travailler avec de la
caséine. La caséine a la même utilité que
le S mais (...) elle laisse respirer les murs !
Dtp :
N'étiez-vous pas opposée au mélange chaux plus caséine (lien) ?
Cb : C'est
sûr, mais à choisir, je préfère encore la caséine que la résine.
Dtp :
Quelques conseils à donner en conclusion ?
Cb :
La préparation du support est primordiale, les proportions
eau-pigments-chaux ainsi que la qualité de la chaux sont importantes.
Si tout cela est respecté, ni la caséine ni la résine ne sont
nécessaires.
Le ferrage apporte un plus car il écrase la chaux et lui donne plus de
cohésion.
Les peintures à la chaux à l'extérieur se renouvellent
régulièrement. |
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26/10/2009 - E.V.
Smalt, potassium et
huile dégradée
Dialogue suivant |
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EV :
Dans un
passage de la page consacrée aux
bleus moyens & froids vous écrivez ceci concernant le smalt :
"Ce pigment était (et demeure) très
coûteux et d'un emploi malaisé. Sa permanence est mise en doute par
certains auteurs. Dans le domaine de la peinture, l'une des
argumentations est la suivante : le smalt serait produit avec du verre
potassique et non
sodique (les raisons demeurent obscures et l'information n'est pas
confirmée), donc le potassium inclus dans le verre pourrait
saponifier des
corps gras tels qu'une huile à
peindre, une cire ou de l'oeuf. Quant au domaine des arts du feu, le
même potassium aurait tendance à se dissoudre en présence d'eau ou
d'acide. Là aussi, l'information n'est absolument pas confirmée et si
vous disposez d'informations précises, n'hésitez pas à nous
contacter."
Il semble que le phénomène soit tout à fait prouvé ainsi qu'en
témoigne un article du bulletin technique n° 26 de la National Gallery
de Londres :
lien.
Extrait traduit :
Enquête sur
les processus d'interaction Pigment-Milieu dans les peintures à
l'huile contenant du smalt dégradé.
Marika Spring, Catherine Higgitt et David Saunders
'"Le pigment bleu smalt, un verre
contenant du cobalt, est connu depuis longtemps comme instable. Des
exemples de smalt décoloré dans des tableaux de la National Gallery
ont été examinés en microscopie visible, en analyse aux rayons X
dispersés, en microscopie infrarouge à transformation de Fourier, en
chromatographie gazeuse/spectrométrie de masse, et les résultats ont
été comparés avec ceux d'échantillons de peinture artificiellement
vieillis. Les analyses confirment que le smalt n'a pas seulement perdu
sa couleur en se dégradant, mais qu'elle a aussi
causé des changements chimiques dans l'huile. Le
potassium est exfiltré du verre, et forme
des savons avec les acides gras de l'huile."
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Dtp :
Merci beaucoup pour cette confirmation
bien documentée.
Tout ceci démontre encore une fois que
l'huile, ou plus précisément les esters
d'acides gras, ne font pas bon ménage avec les
alcalis et que la
menace d'une saponification est
sérieuse pour les oeuvres peintes.
Dans ce cas précis, le danger de
dégradation est sournois car il est littéralement "tapi dans le
verre".
Une précision cependant après
consultation de Jean-Louis :
il n'est pas certain que le potassium soit "exfiltré" (leached
dans le texte original) à proprement parler. On ne voit pas comment.
On mentionnera plutôt deux mécanismes possibles (sous toute réserve) :
l'action du potassium resté en surface (ce ne serait pas un cas isolé)
et l'action à long terme de l'huile sur le verre, une chimie lente
mais réelle, qui pourrait dégager progressivement du potassium.
Le fait que le fondant soit le potassium
n'est peut-être pas tellement déterminant concernant l'action qu'il a
sur l'huile par rapport à un autre fondant. On peut présumer que le
sodium - dont la température de fusion est beaucoup plus faible -
aurait produit sensiblement le même résultat.
Donc on recherchait une température et
on l'obtenait avec un fondant précis - il n'en existe pas une infinité
- : le potassium.
Pourquoi rechercher une température ?
Vraisemblablement afin d'obtenir ou de conserver le bleu désiré.
La température est en effet le
déterminant majeur de la couleur du cobalt. Je cite Jean-Louis : "ce
qui peut changer [avec la température], c'est la coordination du
cobalt, c'est-à-dire le nombre de liaisons qu'il engage avec ses
voisins. On a du cobalt tétrahédrique ou octahédrique, et ça change sa
couleur" (voir Les cobalts).
Cette histoire que l'on pourrait
sous-titrer "Du mauvais mariage entre les huiles et certains verres"
est non dépourvue d'ironie puisque ce même verre est la substance que
l'on avait sans doute crue protectrice lors de la "vogue du smalt", le
problème de fond étant toujours d'isoler l'huile des oxydes de cobalt
qui sont des siccatifs très (trop) puissants.

Le "bleu
de cobalt", enserré dans l'alumine,
semble mieux y parvenir sans poser ces problèmes de fondant et de
dégradation lente du verre.
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5/10/2009 - C.P.
Brillance et procédés
aqueux
Dialogue suivant |
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CP :
Je n'ai pu trouver la réponse à l'une de
mes questions.
Je fais de la calligraphie et j'aime écrire sur des fonds que je
réalise à l'aquarelle, à la gouache ou à l'acrylique.
Si je veux écrire en grand dessus, pas de soucis, j'écris avec de
l'acrylique ou avec de la gouache, mon objectif étant de garder le
brillant de l'encre "mouillée".
Mais en petit, je dois écrire à la gouache ou à l'aquarelle (sinon les
déliés ne sont pas beaux) et le brillant du "mouillé" disparaît. les
vernis ne font pas revenir ce brillant, du moins je n'en ai pas
trouvé. J'ai aussi ajouté de la gomme arabique....cela n'a pas donné
le même effet. Auriez vous une piste ?
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Dtp :
Ce n'est pas facile de comprendre
comment vous obtenez du brillant avec l'acrylique ou la gouache, même
en grand, car ce sont des peintures à l'eau qui perdent forcément leur
brillant, contrairement aux huiles et à la laque de Coromandel
décirée. En particulier concernant la gouache (puisque vous n'utilisez
pas l'acryle "en petit"), peut-être ajoutez-vous une sorte de médium ?
Mais dans ce cas pourquoi celui-ci n'agirait-il pas "en petit" ?
Il y a aussi une petite ambiguïté sur le terme
"vernis". On utilise un vernis "par-dessus" une oeuvre sèche, sur
toute sa surface. Un vernis acrylique brillant ne pose aucun problème
précis et donne des résultats très comparables à un vernis brillant
pour l'huile. Par contre, peut-être s'agit-il ici d'une utilisation
comme médium, c'est-à-dire dans la pâte, pas au-dessus (profitons de
l'occasion pour rappeler que médium=milieu et
qu'un vernis est une protection conçue pour
pouvoir être retirée et remplacée).
Autre facteur pouvant influer : les
pigments. Ce problème de brillance peut résider dans les pigments
utilisés respectivement dans les petites touches et dans les grandes.
Si les pigments des petites sont minéraux et ceux des grandes
organiques, les petites paraîtront mates en comparaison (voir
Organiques vs inorganiques).
Souvenons-nous aussi des embus et du fait que
les pigments et les liants peuvent être polaires ou apolaires et donc
ne s'entendent pas toujours très bien (lire
article).
Quoi qu'il en soit, si le résultat ne
vous convient pas, il ne reste que des solutions plutôt
expérimentales, au demeurant intéressantes mais
sans la moindre garantie. A tester sur des échantillons bien
sûr.
La première qui vient à l'esprit :
confectionner un médium brillant à l'aide d'une gomme diluée dans
l'éthanol. Vous pouvez utiliser de la gomme
dammar (voir procédé) ou de la
gomme laque. Dans ce dernier cas
cependant, la variété la plus brillante est terriblement fragile
(thermosensible).
Essayez donc en premier la
gomme dammar. Décirez-la bien par
décantation comme indiqué dans la recette. Testez différentes
concentrations dans la pâte, sans oublier que
l'éthanol disparaîtra intégralement
et beaucoup plus rapidement que l'eau. Vérifiez à la loupe que votre
peinture ne laisse pas de "tâches de gras" sur le support, autour des
tracés ou dans les transparences. En ce cas il faudrait l'enduire ou
en changer.
Il est également possible que cette
gomme donne une pâte (ou encre) trop gluante, mais en ajustant la
quantité, peut-être parviendrez-vous à trouver un compromis
satisfaisant.

Gomme dammar
La gomme laque
purifiée et décirée, elle, donnera le maximum de brillance. Pure et
lissée au chiffon doux, elle est au moins aussi brillante que l'eau
(dont elle tire peut-être son nom). C'est une substance fascinante.
En très faible quantité, il est possible
qu'elle apporte le brillant que vous recherchez.
Cependant, elle est si thermosensible
qu'il faut impérativement tester la résistance à la chaleur de la
peinture obtenue (parfaitement sèche), par exemple en la posant sur un
radiateur bien chaud pendant quelques jours. Si vous constatez un
craquellement, diminuez la dose. C'est le principal ajustement à
effectuer, et l'on ne promet pas que ça marche même si un célèbre
fabricant propose bel et bien des encres "à la gomme laque" qui
semblent de bonne tenue. Une piste sérieuse, donc, mais la vraie
question est "obtiendrez-vous une brillance à votre convenance pour
une pâte ou une encre suffisamment fiable ?"

Gomme laque de
Coromandel
Gomme dammar ou laque, on ne saurait
trop vous conseiller de malmener vos échantillons de mille manières.
Éprouvez-les avec chaleur, changements brutaux de température,
humidité, sècheresse, acidité, alcalinité (support et milieu),
torsions, frottements, froissements, mélanges avec différentes
acryliques, gouaches, gommes arabiques, pigments divers... tout ce que
vous pouvez trouver, et sur les durées les plus longues possibles afin
de vous assurer de ne pas être désagréablement surprise plus tard
lorsqu'il s'agira d'oeuvres et non plus d'échantillons.
Tenez-nous au courant s'il vous plaît.
Pour terminer, appelons nos amis
lecteurs à nous faire part de tout procédé hors des sentiers battus
qui, à leur connaissance, donne aux peintures à l'eau un aspect
brillant. Pour nous écrire cliquer ici. Merci
d'avance.
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5/10/2009 - C.D.
Toiles sans châssis,
roulage
Dialogue suivant |
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CD :
Je suis artiste plasticienne et jusqu'à
présent j'utilisait le collage de papiers sur papier ou sur bois avec
de la colle d'amidon ou vinylique et vernis acrylique au final.
Je souhaite créer des tableaux grand format sur toile brute sans
châssis que je roulerais pour le transport (coton ou lin?) avec des
pigments (acrylique, caséine, gomme arabique, oeuf?).
Est-ce que la préparation de la toile avec du liant acrylique, puis du
gesso, et ensuite pigments mélangés à l'eau puis acrylique, ou caséine
ou gomme arabique ou oeuf serait convenable et durable dans le temps?
Faut-il que je rajoute un peu de glycérine ou du miel ou du sucre
candy pour assouplir et de l'huile essentielle de lavande pour la
conservation?
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Dtp :
Rouler une oeuvre peinte n'est jamais
conseillé, comme le soulignait Xavier de
Langlais et comme c'est redit dans l'article
Roulage
des oeuvres. C'est toujours martyriser la couche picturale.
Cependant, il est vrai que l'on n'a pas toujours le choix. Donc sans
garantie, voici quelques pistes.
D'abord il est important de respecter un
temps de séchage long, surtout si vous travaillez en empâtement.
Roulez de préférence autour d'une
matière dure.
Avant le roulage, vous pouvez envisager
de couvrir la surface picturale avec un
papier cristal (ou tout
autre papier paraffiné) pour éviter toute adhérence et limiter les
déformations, humidifications ou autres interactions locales dues à la
fibre du verso. Autour, pour finir, un
kraft épais, face lisse à
l'extérieur, peut faire l'affaire avant de placer le tout dans un
cylindre (carton ou autre, voir Roulage
des oeuvres).
Le diamètre du rouleau doit être aussi
large que possible.
L'acrylique semble le liant le plus
souple. Mais toutes les acryliques ne se ressemblent pas (cf. article
L'acrylique).
Il faut d'abord trouver la variété la
plus élastique possible, puis s'en servir pour toutes les couches afin
de ne pas avoir de mauvaises surprises. Si une seule des couches
picturales se comportait différemment des autres, elle pourrait tout
détruire. Il s'agit de réduire le problème à un minimum de facteurs,
donc ici à un seul liant.
Vous avez donc intérêt à fabriquer
vous-même le gesso et la pâte.
La glycérine à petites doses pourrait
être un adjuvant utile, mais ce n'est pas sûr et il faut
impérativement effectuer des tests.
Il faudra tout tester de toute manière,
en prenant le temps. D'où un autre intérêt de limiter le nombre de
facteurs.
Concernant les autres substances que
vous évoquez, il vaut mieux les éviter car les liants acryliques
contiennent déjà des produits plutôt variés et vous risqueriez de
susciter des réactions imprévisibles. Même la glycérine n'est
peut-être pas à conseiller. L'acrylique fait déjà partie des
élastomères. C'est une sorte de
« latex ». Elle devrait être suffisamment élastique.
Au sujet des
pigments mélangés à l'eau, attention à mettre le minimum d'eau,
juste ce qui est nécessaire pour mouiller le pigment. Une erreur
courante est d'oublier que l'eau s'évapore. Il faut beaucoup de liant
- et non beaucoup d'eau - pour bien protéger la vulnérable poudre
pigmentaire et obtenir une couche picturale "plastique" bien solide.
C'est d'autant plus important si vous devez "maltraiter" ladite
couche.
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4/10/2009 - Cl.
Polymarbre, marbre
reconstitué, fausse pierre
Dialogue suivant |
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Cl :
Je suis à la recherche d'informations
sur le "Polymarbre". J'ai fait des recherches sur votre site et sur
Google mais sans grand résultat.
Pourriez-vous me dire de quoi il s'agit exactement et ou trouver cette
matière éventuellement ?
Je suis sculpteur et c'est dans ce cadre que je m'intéresse à cette
matière.
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Dtp :
Ce n'est pas très facile de vous
répondre. Nous manquons d'informations précises pour le moment. Le
mot polymarbre - apparemment d'origine francophone - n'est pas une
marque déposée en France.
Sans pouvoir
donner de garanties, il semble que l'on puisse ranger ce produit dans
la catégorie des "marbres reconstitués" et au-delà, des "fausses pierres".
Une fausse pierre, pour les
professionnels BTP/déco intérieure - parfois extérieure -, c'est un
"composite", assez typiquement de la poudre de pierre prise dans une résine
polyester. On peut imaginer que le "poly"-marbre en est une variété
particulière. Pour simuler le marbre, on utilise plusieurs types de
poudres ou petits morceaux de pierre et par ailleurs différentes
résines : polyester, époxy, polyuréthane et même acrylique.
Interrogé sur le sujet, l'artiste
Yves Bodiou indique que ces
dernières années ont vu naître une gamme de matériaux synthétiques aux
propriétés incroyables. On confirme. Par exemple, les polyuréthanes
sont beaucoup moins limités qu'ils n'ont été.
Concernant un usage artistique, on peut
effectivement mouler une fausse pierre,
notamment du polymarbre à l'aide d'un
gel-coat polyester ou epoxy, mais il
existe là aussi pas mal de variétés dont certaines ne sont pas
anodines. Il vaut mieux se faire aider par un professionnel
connaissant ce type précis de produits.
Quant à la résistance ou la permanence des fausses
pierres, elle dépend de la variété de la résine utilisée. Certaines sont
adaptées aux fortes températures, d'autres aux intempéries, d'autres
ont des résistances mécaniques particulières ou sont spécialisées dans
tel ou tel type d'inclusions, etc.
Dit autrement, par exemple le polyester
pris comme résine de
qualité Beaux-arts a une assez bonne réputation concernant l'absence
de ternissement ou de jaunissement, mais on ne saurait en dire autant
a priori de polyesters destinés à d'autres usages. Personne ne demande aux
matériaux d'un bar, d'une salle de bain ou d'un bac à fleurs d'avoir
la tenue du
marbre de Carrare. D'ailleurs on utiliserait
pas un tel marbre pour un bar !
Trouver le produit adapté à l'emploi, là
est la question.
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20/9/2009 - G.C.
Fusain : fabrication
artisanale
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GC :
Une petite question concernant l'espèce
d'arbre à utiliser pour faire soi-même du fusain : celui que l'on
nomme fusain couramment (Euonymus europaeus), ne porte-il son nom que
par abus de langage ou peut-il utilement être utilisé dans les Arts
Plastiques ? C'est que j'ai trouvé plusieurs sources qui ne s'étalent
pas sur le sujet mais qui indiquent l'un ou l'autre sans distinction.
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Jean-Pierre Brazs
[voir lien] :
Revenons sur le « fusain » de saule (fabrication
décrite par Cennini).
Pour le saule l’intérêt est qu’on peut tailler le bois comme
on veut par exemple en section triangulaire ce qui permet d’avoir un
« fusain » avec un côté plat assez large et une arrête fine.
Le fusain (Euonymus europaeus) facile à reconnaître par les fruits est
bien.

Euonymus europaeus,
région de Genève
© Jean-Pierre Brazs 2009
Pour saule ou fusain comme pour toute fabrication de charbon de bois :
boîte métallique fermée. Un petit trou dans le couvercle. Hop dans le
feu ! quand les gaz qui s’échappent par le petit trou ont fini de
brûler, on laisse refroidir.
Jean
Rudel dans le petit Que sais-je « technique du dessin » pages 74 à 77
parle longuement du fusain et en particulier de l’idée de l’imbiber
avec un peu d’huile pour obtenir un fixage sans fixatif.
Il donne la liste de tous les bois utilisables : saule, tilleul,
bouleau, etc…. et même du romarin !
Emmanuel :
Cela doit sentir bon à la cuisson. Merci Jean-Pierre.
Un complément arboricole pour le
plaisir : dans les jardins, c'est la variété japonaise d'Euonymus
(feuillage persistant) qui
serait la plus prisée selon plusieurs sources, l'européenne étant caduque. Concernant
cette dernière,
dite bonnet de prêtre (?), effectivement elle « met de la couleur dans
nos haies rustiques. [Elle] grimpe à 3 et 4 m » selon Anita Pereire,
Encyclopédie pratique du jardin. Son cultivar "Red Cascade" « croule
littéralement sous les fruits » (toxiques pour l'homme, dit-on par
ailleurs).
Concernant le dessin, l'ajout d'huile au
fusain peut éventuellement impliquer une préparation du support, en
particulier s'il s'agit de papier alcalin
(risque de saponification).
A lire aussi :
Un
passage in
Pigments naturels et synthétiques sur une méthode de fabrication
avec de l'argile.
L'article consacré
au fusain
L'entrée du
glossaire
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3/9/2009 - T.E.
Acrylique : toxicité des
polymères
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TE :
Je viens de lire dans un livre anglais
de Ralph Meyer ("The Artist's Handbook of Materials and Techniques",
p.263) que la peinture acrylique ne serait pas aussi inoffensive que
cela: au cours du séchage de la peinture, l'évaporation de l'eau
entraînerait avec elle des polymères qui, si on les respire
régulièrement sur une longue période, peuvent générer des cancers.
Qu'en est-il exactement ? Le risque est-il important ? Qu'est-ce qu'une
"bonne" aération ? Une fenêtre ouverte garantit-elle à elle seule une
diminution des risques ?
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Dtp :
Renseignements pris, actuellement c'est
plutôt à la peinture glycérophtalique que tout le monde s'en prend
mais il faut s'attendre à ce que tous les produits dits synthétiques
soient attaqués tôt ou tard peut-être quelquefois plus à cause de
l'air du temps que pour des raisons scientifiques.
Selon le
Reptox du CSST canadien, aucune donnée ne permet de conclure à la
cancérogénicité et la mutagénéité pour l'homme du polyméthacrylate de
méthyle, qui est l'acrylique "modèle".
Il faudrait plutôt commencer par parler des adjuvants. Ceux qui sont
mis dans le pot (toluène ou
xylène, par exemple, pour certaines
acryliques) et ceux que l'on ajoute ensuite (médiums, diluants et bien
sûr pigments).
Le toluène ou le xylène sont destinés à maintenir le liant en
solution. Ce sont indéniablement des toxiques. Mais toutes les
acryliques ne contiennent pas ces produits et par ailleurs, n'importe
quel feu de bois émet du xylène, donc il ne faut être ni naïf ni
alarmiste. Conseiller un peu d'aération semble raisonnable, sauf
concentration extrême.
Si vous laissez sécher dans une salle
vingt toiles peintes avec une acryle contenant 5% de toluène, il y a
manifestement danger si vous ne ventilez pas.

Au-delà, quand on pose la question "le
liant acrylique lui-même est-il toxique ?", on se trouve devant une
telle variété de substances plutôt compliquées qu'une autre question
se pose immédiatement : "quelle acrylique ?"
Ensuite, il faudrait savoir de quel état
de l'acryle on parle : semi-liquide, sèche ou bien intégralement polymérisée ?
C'est essentiel parce que ce ne sont pas les mêmes substances. Un
exemple concret : le Reptox évoque un effet irritant des poussières du
produit. Or le semi-liquide n'émet pas de poussières. Cet
avertissement ne concerne donc que l'état solide et le document ne
spécifie pas lequel. Il reste beaucoup de travail devant nous pour
clarifier ces questions qui relèvent de la communication.
Plus généralement
Prouver qu'un polymère hydrocarboné est
toxique n'est de tout façon pas une chose facile. En général, ce sont
les régressions qui le sont (toxiques), sinon les poussières dans
certains cas. Les conditions de régression de l'acrylique ne sont pas
documentées comme alarmantes. Si on la brûle, oui, bien sûr, il se
produit des transformations. L'acryle se décompose à partir de 180°C
(pic à 300°C), redevenant son monomère. Puis, à 500°C, celui-ci se
dégrade. Un classique. Le monomère n'est d'ailleurs pas un poison
majeur et il est peu courant de faire brûler de la peinture.
L'acrylique, c'est-à-dire le polymère, se conserve a
minima sur des décennies. Elle est en principe stable, quoique un tel
jugement soit à nuancer étant donné la quantité de variétés
existantes. Quant aux poussières, que faudrait-il
craindre dans la mesure où une acrylique "moyenne" qui se
désagrège ne
farine pas et part presque toujours en plaques ?
Pour le moment on peut surtout attirer l'attention sur les adjuvants
parce que l'on connaît relativement bien leur toxicité et puis... ils
sont bien là, du moins souvent là.
La littérature américaine consacrée aux
techniques plastiques est souvent de très bonne qualité mais pourrait
parfois sembler à un Européen un peu alarmiste concernant les produits
dits synthétiques, souvent stigmatisés "tout d'un bloc". Faire une
distinction entre l'acryle proprement dite et ses éventuels adjuvants
semble plus pertinent. |
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26/8/2009 - N.V.
Chaux, liège et arriccio
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NV :
Je cherche à faire des
fresques (à la chaux)
sur des supports de contreplaqué ou autre support me permettant de ne
pas travailler sur des murs. Je cherche également des renseignements
sur la technique de "fresque à l'arrachée".
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Dtp :
Eh bien sous réserve de confirmation, il
n'est pas très sûr que le bois soit un bon support pour la chaux parce
que... songez qu'elle va se transformer en
calcite alors que la planche va fatalement se déformer. Bien sûr
certaines moins que d'autres mais dans le passé, on a utilisé le bois
comme support pour des peintures un petit peu grasses, un petit peu
souples (sauf la caséine mais on peut
l'assouplir), guère pour de la chaux qui devient progressivement dure comme du marbre.
Mais sur une petite surface, avec de très bonnes conditions les
premiers mois cela ne semble pas impossible a priori.
Il vaudrait mieux cependant utiliser un
carreau de plâtre,
par exemple. Bien enduit, c'est un bon support. Encore mieux : du
béton cellulaire, qui est léger. Ou
une ardoise. Ou une autre pierre. Quelque
chose qui ne bouge pas. A moins que vous ne cherchiez pas une
longévité séculaire, ce qui est tout aussi respectable. Il peut aussi
être intéressant de provoquer des accidents en déformant le bois à
certains stades.
Sur le terme de fresque "à l'arrachée",
il s'agit probablement de
l'arriccio, une sorte d'enduit épais pour la fresque à
la chaux que l'on applique (en principe, pas toujours) au-dessus d'une
"primaire d'accrochage" (rinzaffo)
adaptée au support. Selon les sources, on le lisse ou pas. Ainsi
André
Béguin évoque un "crépi" et d'autres une surface lisse. L'intitulé
semble plaider pour quelque chose qui ressemblerait a priori assez
bien en effet à l'image que l'on se fait d'un crépi. Rien n'empêche de
toute façon d'ajouter par-dessus une couche que l'on va lisser et
éventuellement colorer (intonaco).
Peu importe : cette couche a une fonction d'enduction épaisse (un peu
comme dans la technique du tadelakt où l'on
travaille peut-être encore davantage en épaisseur) et le reste,
manière lisse ou "arrachée", relève pleinement de la liberté de choix
des artistes ou décorateurs, tant que c'est cohérent. On a déjà vu des
fresques appliquées à même la pierre. Évidemment c'est risqué, il faut
beaucoup d'expérience pour oser cela, et aussi un contexte qui le
permette mais pourquoi pas ?
Le progrès dans l'art contemporain réside souvent dans une application
nouvelle d'un ancien procédé.
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NV :
Merci pour votre réponse, je me doutais
des problèmes liés au bois j'ai travaillé sur les supports type béton
cellulaire, c'est très bien mais encore lourd pour ce que je cherche à
obtenir. Je vais faire des essais sur plaques de liège de 3 cm
d'épaisseur en les enduisant peu à peu pour qu'elles acceptent la
chaux ; je vous tiendrai au courant des essais.
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Dtp :
Vous allez peut-être avoir du mal avec
le liège. C'est élastique et un peu résineux. Une expérience
intéressante - c'est peut-être ce que vous cherchez à réaliser -
serait d'appliquer un arriccio très épais de sorte que le support ne
serve qu'au début et qu'ensuite la pièce tienne toute seule en tant
que morceau de calcite.
Cependant la calcification complète d'une couche épaisse est très
lente. Le type de chaux jouerait également un rôle déterminant. Une
expérience intéressante mais à bien préparer.
[Ajout le 21/10/2009]
Jean-Louis :
Le meilleur support en termes de légèreté qui soit compatible avec la
chaux et qui ne bouge pas : on vend des plaques de
polystyrène extrudé recouvertes
d'une couche de ciment fibré (fibre de
verre). Stable, léger et compatible. Trois à cinq centimètres
d'épaisseur.
Cela sert pour faire des cuisines et des
salles de bains (carrelages).
Castorama, Leroy-Merlin...
Dtp :
Est-ce vraiment solide ?
Jean-Louis :
Celles que j'avais vues l'étaient suffisamment pour qu'on monte
dessus. Ca sert à faire des cloisons et des meubles de salle de bain,
donc mécaniquement je pense que ça ne craint rien. |
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20/8/2009 - H.F.
Colophane : l'odeur |
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HF :
Bonjour, Je suis un artiste qui vient de découvrir tout récemment
votre site, je suis à la recherche d'un procédé permettant de
désodoriser complètement la résine colophane.
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Dtp :
La
colophane est le résidu de la fabrication de l'essence de
térébenthine - en principe à partir du
pin des Landes (image ci-dessous) - qui est une forme de
distillation.

La forêt des landes est
ravagée après la tempête Klaus (2009 [1]) et la tempête Martin (1999)
En haut de la colonne les vapeurs d'essence se déposent.
En multipliant les distillations (par exemple il existe un produit
commercial nommé essence de térébenthine triplement distillée, que
l'on conseille à tort ou à raison aux personnes allergiques) on
obtient quelque chose de moins en moins
aromatique, mais aussi de moins en moins distinct de l'essence de
pétrole raffinée.
Et en bas, vous avez le résidu. Avec le pétrole, c'est du
bitume, avec la sève de pin, c'est
la colophane. Mais on obtient nécessairement des qualités différentes
à chaque distillation.
Si vous distillez et re-distillez un produit qui en arrive au point
d'être totalement désaromatisé, il n'est pas sûr que vous récoltiez
grand-chose en bas. Il faudrait poser la question à des industriels
landais ou autres (la production proviendrait de nos jours du monde
entier), mais a priori plus on distille, moins il y
a de matière en bas de la colonne et il n'est pas évident que ce
résidu soit débarrassé de ses odeurs. Il faut vraiment interroger des
distillateurs...
C'est une belle recherche, tenez-nous au courant !
______
[1] La société de réassurance
Munich RE indique en janvier 2010 (lien
externe) que Klaus a été la catastrophe la
plus coûteuse au monde sur l'année 2009 (4 milliards d'euros en coût
économique total et 2,4 en termes de remboursement des assurés),
tremblements de terre compris. |
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