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Courrier des lecteurs
2008
saison 3/3
cdl cdl cdl
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Date - Emetteur
Thème |
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Questions et réponses |
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15/12/2008 - C.G.
Vernissage et cire
Dialogue suivant |
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TE :
Une question concernant la protection des peintures à l'huile :
J'ai récemment testé la cire (en l'occurrence de la cire d'abeille)
sur travaux à l'huile réalisés sur papier, et j'en apprécie beaucoup
le rendu.
Est-il possible d'utiliser également de la cire pour la protection des
peintures à l'huile sur toile, plutôt que de les vernir ?
Si tel est le cas, quelle cire serait la plus recommandée ?
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Dtp :
C'est une forme de vernissage en effet.
D'ailleurs les vernis mats pour la peinture à l'huile contiennent
généralement de la cire.
Cependant quel que soit le support, ce
type de produits soulève quelques réserves et nécessite des
précautions, en particulier le double vernissage.
A ce sujet je vous propose de lire
ce passage de la page
Vernissage, récemment complété.
Quelle cire ? Le choix se borne à la
cire blanche d'abeille et à la carnauba. Celle-ci n'est pas très
recommandée pour les Beaux-arts mais pour faire un bon choix
correspondant à l'oeuvre et aux contextes d'exposition (la question de
la température n'étant pas négligeable), je vous suggère de lire
l'article consacré aux cires, qui expose les
principaux arguments permettant de faire un choix adapté.
Enfin je voudrais insister sur l'essence
car il s'agit d'une encaustique et non d'une cire pure. La
térébenthine est toute indiquée pour un usage Beaux-arts. Pour plus
d'informations lire ce
passage.
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8/12/2008 - St.
Acier : comment l'oxyder
Dialogue suivant |
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St :
Je viens de découvrir votre site, mais je ne trouve pas mon
bonheur !
Je suis à la recherche de la méthode pour accélérer l'oxydation de
l'acier ...
Et oui, habituellement on cherche à faire l'inverse !
Le but est d'obtenir un aspect oxydé et par la suite d'appliquer un
verni pour figer l'aspect.
Pouvez-vous m'aider ?
Quel type de produits dois-je appliquer ? Acide ... ou autre produit ? |
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Dtp :
J'ai tout de suite envie de vous
demander pourquoi vous n'utilisez pas un matériau moins inoxydable.
Une bonne vieille ferraille conviendrait mieux que l'acier, non ? |
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St :
Effectivement, je pourrais utiliser une
ferraille, mais le but est de réaliser un escalier intérieur avec
ossature en métal et marches en bois.
Il me faut donc un métal "neuf" type plaque d'acier, sur lequel je
pense supprimer la couche de protection anticorrosion (sablage ou
autre procédé) pour ensuite oxyder ce métal de manière à obtenir un
aspect non uniforme d'oxydation (aspect rouille).
Pour cette dernière opération d'oxydation, il existe bien la méthode
simple de l'eau (salée).
Mais existe-t-il un produit "chimique" plus agressif avec une action
plus rapide ?
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Dtp :
Et voilà la réponse. Elle vient de
Jean-Louis, physico-chimiste
au CNRS :
Si c'est de l'acier "inox", c'est
inoxydable.
Si c'est de l'acier "normal", c'est
plus facile mais ça prend quand même du temps, ce ne sera jamais
immédiat.
Les vapeurs
d'ammoniaque marchent pas mal, sinon rien de tel que l'humidité.
Un bon décapage préalable à
l'acide, mal rincé, peut
catalyser.
Il peut aussi chauffer sa pièce au
rouge pendant un petit moment et la laisser traîner dehors quelques
jours. Là il fait un peu froid, mais ça peut suffire.
Sinon, en intérieur, attendre quelques
jours en laissant des chiffons mouillés à proximité.
Rappel : ammoniaque et acides sont des
produits dangereux et les accidents sont vite arrivés. Les vapeurs
d'ammoniaque notamment sont toxiques et avec certains acides les
risques sont gros.
Il est donc hautement conseillé 1) de se
reporter aux articles concernés (les deux liens ci-dessus), 2) de se
documenter de manière approfondie sur le produit lui-même et les
précautions d'emploi, 3) d'envisager un encadrement professionnel
spécialisé et un lieu ad hoc. |
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4/12/2008 - D.P.
Linogravure : un médium
pour une encre aqueuse ?
Dialogue suivant |
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DP : Je
suis intéressé par la linogravure et je me heurte au problème
technique suivant: J'utilise des encres à l'eau, que je trouve
beaucoup plus pratiques que les encres à l'huile (ne serait-ce que pour
la facilité de nettoyage des plaques que l'on doit souvent répéter en
raison de l'encrassement rapide des creux des lignes fines...).
Mais voila, je ne comprend pas pourquoi
les fabricants ne commercialisent aucun médium transparent pour ces
encres, ce qui oblige à "diluer" les tons au blanc, en les rendant du
coup opaques. Or j'aime jouer avec la transparence quand je superpose
plusieurs tons. L'huile le permet en rajoutant une "standolie" épaisse
au couleurs, mais à l'eau rien n'est prévu, même si cela me parait une
évidence.
Je viens donc vous solliciter pour
ouvrir une petite rubrique sur ce type de médiums qui devrait
intéresser pas mal de graveurs sur lino ou sur bois. (j'ai sollicité
Schmincke en vain). Pour exemple, la méthode traditionnelle japonaise
de gravure d'estampe sur bois utilise systématiquement un liant à base
d'amidon de riz pour diluer les couleurs et donner un rendu très
transparent aux pigments.
Pour ce qui concerne la linogravure, le
médium, outre sa transparence et son aspect incolore, devrait aussi
être lent à sécher (comme le sont les encres à linogravure) pour
assurer un temps de travail large, et pour que les couleurs ne sèchent
pas sur la plaque d'encrage. Pourriez-vous m'éclairer de vos conseils,
ou ouvrir une rubrique sur votre site ?
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Dtp :
Impossible de satisfaire plus tôt à
votre demande. Le courrier des lecteurs offre seulement maintenant la
possibilité d'ouvrir ce genre de petites tribunes. Par ailleurs le
site est encore peu fourni concernant les techniques de la gravure au
linoléum donc votre intervention est
bienvenue.
Renseignement pris auprès d'un fabricant
d'encres pour la gravure et notamment la lino, les encres
habituellement employées sont plutôt grasses, donc on vous a conseillé
- et c'est aussi la solution que nous envisagions - d'utiliser un
médium acrylique dilué.
Cependant on peut quand même émettre
quelques réserves quant à la compatibilité entre le médium et votre
encre dans la mesure où il y a peinture à l'eau et peinture à l'eau. Tout n'est pas forcément miscible et qui plus est cela ne donnera pas
forcément un résultat à votre convenance.
Une autre solution serait d'ajouter une
charge transparente au liant originel mais le fabricant des encres que
vous utilisez propose-t-il le liant séparément des encres ?
Des amis graveurs professionnels
pourraient sans doute apporter des précisions et des suggestions mais
ne semblent pas disponibles à cette heure.
Mise à jour dès qu'il y a un élément
nouveau.
Quant à vous amis lecteurs n'hésitez pas
à nous écrire pour donner votre opinion sur
le sujet. |
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2/12/2008 - K.L.
Impression et protection
durable
Dialogue suivant |
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KL :
J'imprime des dessins, peintures sur tissu à l'aide de mon
imprimante jet d'encre, en principe sur du coton.
Pouvez vous me conseiller pour fixer l'encre sur le tissu, afin
qu'elle ne bouge plus ensuite ? Je suis perplexe sur le choix du
fixatif à utiliser.
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Dtp :
La qualité des pigments et la bonne
adaptation du liant (voire du mordant) sont
essentiels. On ne peut attendre du "grand teint" venant
d'une imprimante pour particuliers, malheureusement.
Malheureusement ou heureusement car la
démarche normale a fait ses preuves. Cela fonctionne. Pour obtenir une
bonne tenue, il faut faire imprimer l'épreuve par un professionnel
(labo photo spécialisé, industrie textile) qui vous proposera certains
types de supports, d'encres (notamment grasses) et de procédés.
Cependant on peut théoriquement augmenter la
longévité d'une impression jet d'encre en employant un produit anti-uv.
Mais les difficultés d'application ne sont pas minces, c'est un vrai
problème et le recours aux spécialistes est bien utile.
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12/12/2008 - F.V.
Pigment fugace ou liant
défectueux, un problème vieux comme le monde
Dialogue suivant |
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FV : Je
peins avec des peintures alkydes émulsions (oléorésine
dans un liant en phase aqueuse).J'ai remarque que lorsque je voulais
faire des teintes binaires avec du rouge azoïque style par exemple
rouge de naphtol, j'ai à plusieurs reprises constaté la décoloration
progressive du rouge comme si le film faisait disparaître le pigment
rouge. Si vous aviez une réponse. Merci
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Dtp :
Si ce phénomène se produit avec
n'importe quel pigment rouge, c'est l'alkyde qui est à incriminer.
Mais avant de conclure à une assez surprenante incompatibilité d'un
liant avec une couleur, il faudrait absolument réaliser un test
comparatif avec un pigment rouge très différent comme le
cadmium, qui est minéral et beaucoup
plus permanent que n'importe quel pigment azoïque même de qualité.
Lors d'un mélange de couleurs minérales
et organiques, le concept de permanence devient sensible
avec le temps. Par
exemple un outremer et un azo rouge, cela évolue inévitablement vers le
bleu parce que l'outremer est minéral (a priori plutôt solide) et
l'azoïque organique (en principe moins solide).
Ce changement peut être lent, mais ce
type de constats est de nature à rappeler aux peintres qu'il s'agit là
d'un point à surveiller.
Les organiques sont généralement assez
"cassables". Cependant, certaines petites molécules (la
pourpre vient à
l'esprit) sont réputées extrêmement solides. Et même d'autres qui sont beaucoup
plus grosses (les quinacridones par
exemple) sont en principe étonnamment stables.
En revanche, une molécule minérale
simple ou un atome isolé, a priori incassable, peut éventuellement s'oxyder ou se
sulfurer, tout simplement. Voire capter de l'eau de manière non-moléculaire et dans ce cas
devenir non pas fugace mais relativement fragile (exemple de
l'ocre jaune qui devient rouge lorsqu'il est chauffé -
lien).
Les fabricants donnent généralement une
note à chacune de leurs couleurs pour indiquer leurs niveaux de
permanence. Cette note doit être prise pour une indication pas
forcément très valable (beaucoup de pigments sont bien trop récents
pour prétendre avoir été testés en conditions réelles), mais c'est
lorsque l'on pratique les mélanges que ces indications prennent leur
sens. |
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25/11/2008 - V.L.
Tempera, la cuisine de
l'oeuf
Dialogue suivant |
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VL : J'ai
trouvé toutes sortes de choses intéressantes sur votre site, c'est
passionnant. Cependant j'étais à la recherche d'une recette de tempera
à l'oeuf que j'utilisais il y a quelques années, composée de résine
dammar, jaune d'oeuf, térébenthine et l'eau ou l'huile.
Je serais très intéressée à retrouver cette recette, car il me manque
l'ordre de mélange, proportions, chauffe etc., bref il me manque
presque toute la technique!
Et même si j'ai trouvé beaucoup de chose sur votre site concernant ces
ingrédients, je n'ai pu éclairer ma lanterne...
Si cette recette existe sur votre site, pouvez-vous m'en donner le
lien s'il vous plaît?
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Dtp : Merci
pour votre compliment VL, c'est très gentil mais malheureusement, comme le dit
l'article, « Comme en gastronomie, les
recettes de peintures à l'œuf sont innombrables. »
Et dans d'autres domaines artistiques ou
voisins c'est la même chose. C'est la raison pour laquelle Dotapea est
axé sur les produits, les matériaux et leur "manière d'être" jusqu'à
l'échelle atomique de préférence à des tentatives pédagogiques plus
horizontales.
L'approche entamée dès la création du
site et développée au travers des
Dialogues de Dotapea avec les amis Jean-Louis et Jean-Claude ainsi
que quelques autres tend à expliquer progressivement quel rôle jouent
les éléments qui nous entourent, produits, atomes et molécules.
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20/11/2008 - V.L.
Dammar et Indonésie
Dialogue suivant |
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VL :
Je rentre d'Indonésie ou j'ai passé
plusieurs semaines dans la forêt. J'ai vécu de grands moments chez les
wanas qui m'ont accueillis avec simplicité. Ils m'ont fait découvrir
la chasse, la pêche et la vie simple qu'ils mènent sans aucun
changement depuis des générations. Malheureusement, le monde moderne
se rapproche de plus en plus de ces peuplades.
Le gouvernement indonésien essaye de les
protéger, mais la corruption, dans les plus haute sphère représente un
réel danger pour ces gens si attachant. Les Wanas commencent à
commercer avec les gens des premiers villages reliés par une route.
Ils vendent du rotin et de la résine Dammar. Tout le village compte
sur moi pour arriver à leur trouver une filière afin de vendre leur
Dammar directement en Europe.
La confrontation entre les civilisations
doit se préparer afin d'éviter tous les travers que nous avons connu.
Cette vente profiterai directement à ce peuple afin qu'il se protège
des futures agressions extérieures et qu'il continue à protéger leur
forêt. Le problème, c'est que je viens de découvrir dans votre site,
que le dammar n'est pas vraiment un produit très recherché, mais si
vous pouviez me donner, selon vos sources, des renseignements ou des
adresses de sociétés susceptibles d'acheter ce dammar, je vous en
serai, pour tous ces gens, très reconnaissant.
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Dtp : Je
pense d'abord à trois intermédiaires, (...).
Pour le reste, un peu plus à cheval sur l'univers de la distribution,
(...). Du côté déco/btp gros/demi-gros, (...).
Puis (...) dans la distributrion, (...).
A plus petite échelle, (...) mais déjà là on boucle la boucle car ces
détaillants ont pour fournisseurs des gens comme (...). Ils peuvent
cependant donner des informations.
(...)
Règle n°1 : ne jamais paraître vouloir court-circuiter un
intermédiaire.
(...) il faut déterminer avec une totale
précision de quel dammar il s'agit. Quelle est l'essence de l'arbre.
C'est essentiel. Inutile d'entamer les prises de contact sans avoir
cette donnée-là.
J'espère que ces infos vous aideront. Me tiendrez-vous au courant ?
[quelques mois plus tard
(le 7/3/2009), retour sur l'affaire]
VL était-il sérieux ? On en a douté dès
le début mais c'était intéressant précisément de voir comment cet
interlocuteur allait éventuellement réagir en face d'une réponse
sérieuse et documentée.
Conclusion : le sauveur de "peuplades"
pour lequel "Tout le village
compte sur moi" n'a pas fait
signe. |
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19/11/2008 - V.D.
Dorure sur mur peint à
la chaux
Dialogue suivant |
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VD :
J'aimerai peindre des touches dorées sur une peinture à la
chaux, est-ce possible, quel produit utiliser
?
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Dtp :
Une fois la chaux carbonatée (lire
passage
in Dialogues de Dotapea chap. XVI), nous sommes peu ou prou dans la
situation de la dorure du marbre. Il n'y a aucun problème particulier
a priori ni pour peindre ni pour coller de la feuille d'or de
manière classique, avec une mixtion.
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VD :
J'ai peint des touches de peinture acrylique sur ce morceau de mur.
Cela a l'air de bien tenir et ça donne bien.
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Dtp :
Oui c'est une solution.
L'accrochage peut éventuellement poser
quelques problèmes si la surface est trop lisse pour la peinture
choisie. Mais c'est intuitif, on s'en rend compte à l'application.
Donc il peut y avoir lieu le cas échéant
de dépolir un peu la surface avec un abrasif
très fin ou encore plus simplement, de diluer moins la peinture. Rien
de bien méchant. |
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16/11/2008 - N.R/M
Garder l'aspect
poudreux du pigment
Dialogue suivant |
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NRM : Je
suis tombée sur votre site qui est une mine de renseignements, je suis
artiste plasticienne, je me retrouve confrontée à un problème
technique : je désirerais poser du pigment sur une toile blanche, tout
en gardant son aspect poudreux. Quels sont les matériaux à utiliser
afin que celui ci se fixe sur la toile ?
Je vis en Asie, au Cambodge et je suis donc confrontée aux problèmes
de matériels, beaucoup de produit ne sont pas trouvables ici.
Je me permet de vous envoyer cet e-mail,
peut être ne répondez vous pas aux questions d'ordres techniques.
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Dtp :
Pour faire court c'est un vieux rêve !
On peut seulement s'en rapprocher. Cette page
(lire l'introduction) énonce les données du problème. Le mouillage
du pigment lui fait perdre sa couleur, irrémédiablement. La poudre perd aussi
en partie sa forme et son volume.
On peut ajouter ceci, au titre de piste sérieuse :
*
Tester les mélanges de couleurs avec
le liant avant toute chose sur une surface à part car vous ne
pourrez pas rectifier dans le frais.
*
Imbiber le support avec un mélange
liant+diluant.
*
Jeter le pigment.
*
Projeter de nouveau le mélange
par-dessus à l'aide d'une grosse brosse ménagère et d'une brosse à
dents pour les choses plus fines.
On n'applique pas la brosse sur le support, on "vaporise" d'un doigt
ou d'une main que l'on fait passer vivement parmi les poils de la brosse,
comme pour asperger.
Il faut procéder progressivement et
par quantités modérées sinon on obtient de la soupe.
*
En ce qui concerne les temps de
séchage et le nombre de couches, il est nécessaire de surveiller
chaque zone picturale. Ces choses-là se "sentent".
Les brosses (bien sèches) peuvent aussi
servir à la projection de pigment.
Attention, vous
manipulez du pigment pur, pas une pâte. Donc il faut faire attention aux questions de sécurité
qui ne se posent pas de la même façon : contrairement à la pâte, le
pigment vole.
Pendant
cette phase de projection, quelle que soit la méthode utilisée,
n'utilisez absolument jamais un pigment nocif ("X") ou toxique (tête
de mort).
Même un pigment ne portant pas
d'avertissements peut intoxiquer avec le temps, sans parler des
réactions allergiques imprévisibles. Vous allez projeter du pigment,
une poudre très fine. Cela signifie notamment que vous allez en
répandre partout sauf si vous confinez efficacement votre lieu de
travail, à l'aide de bâches étanches par exemple.
D'autres précautions absolument
nécessaires en cas de recours répété à ce procédé sont : lunettes
hermétiques (de plongée), gants de chirurgien, protections
respiratoires, protection de la peau et des cheveux, proximité d'un téléphone.
Si l'on ne peut conserver intégralement l'aspect poudreux d'un
pigment, il est possible d'en souligner les effets. La meilleure
méthode est de projeter des quantités restreintes de pigments à chaque
fois de sorte que l'on voie bien les flocons ou les traînées se
détacher visuellement et faire profit du relief.
Il n'est pas inutile "d'aérer" le
pigment en secouant la boîte fermée (attention, protégez-vous lorsque
vous rouvrez la boîte). Mais on peut aussi bien apprécier les grumeaux
qui "éclatent" en tombant.
Lire aussi
passage in La
projection.
Cette méthode est fascinante et
fonctionne réellement mais elle demande un vrai "coup de main".
S'entraîner sur des supports peu coûteux avant d'attaquer la toile
n'est pas inutile.
[Ajout important août 2009 :
un nouveau texte du courrier des
lecteurs approfondit le sujet.
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