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Courrier des lecteurs

2008

saison 2/3
cdl cdl cdl

 

 

 

 

 

Présentation, navigation, explications, sommaire thématique : cliquer ici.

 

 

 

 

Date - Emetteur

Thème

 

Questions et réponses

 

 

 

 

 

9/11/2008 - A-L.G-M.

Plasticine et pigments

(réponse mise à jour en nov. 2009)

 

Dialogue suivant

 

ALGM : J'ai expérimenté ceci :

- mélange de plasticine fondue au bain marie avec des pigments colorés. Le résultat n'est pas concluant. Les pigments ne se mélangent pas bien. Le bleu un peu mieux, mais la pâte obtenue colore les mains quand on la manipule.

 

 

Dtp : Les corps gras de la pâte ne sont pas suffisamment liants.

- mélange de la plasticine avec des bouts de pastel gras fondus (toujours au bain marie); ça fonctionne, mais les couleurs restent très claire : il arrive un moment de saturation, j'ai beau ajouter ça ne fonce pas plus (même si j'utilise une craie rouge très sombre, j'obtiens un rose moyen)
Je pense que c'est l'argile qui veut ça.

Dtp : Possible, oui. Le kaolin pourrait être responsable de cela.


J'ai demandé à un vendeur professionnel ce que des gens comme Aardman utilisaient, il m'a parlé d'aniline. Je vois sur votre site que l'aniline est une substance cancérigène.


Dtp : Oui. C'est une molécule très simple, benzénique. Très fine mais pas anodine.
Il est difficile de savoir ce que Aardman utilise exactement. Ils composent certainement leurs plasticines. Ce sont des secrets de studios.

Il serait cependant assez surprenant - et anachronique - qu'ils aient utilisé de l'aniline pour un film quand même pas si ancien comme Wallace et Gromit. On a peut-être voulu vous dire que c'étaient des pigments dérivés de cette famille, plus vraisemblablement des azoïques.

Certains vieux usages demeurent, dans ce domaine notamment, en effet.

 


ALGM : Pourriez-vous m'apporter quelques conseils ?
 

Dtp : Peu, nous n'avons plus de contacts directs avec cet univers pour le moment, mais peut-être des lecteurs souhaiteront-ils réagir ?

 

Il est possible qu'il faille recourir à du pigment mouillé (essence) et éventuellement lié avec une petite quantité de corps gras, une huile à peindre. Soit dit sans garantie : il faut faire des tests, en sachant que si vous ajoutez du liant, celui-ci aura tendance à siccativer. Mais si vous ajoutez du pigment pur dans une manière peu liante, ça ne peut guère fonctionner.

Il faudrait vraiment une opinion d'expert. Qui dit plasticine(s) dit cuisine, savoir-faire et expérimentation. L'animation de pâtes à modeler est bien sûr un métier.

Dans l'image ci-dessus, on voit à quel point les couleurs sont vives donc il existe forcément un moyen. On peut noter au passage que les volumes colorés (dans cette image comme dans beaucoup d'autres) correspondent à des matériaux fins, comme des vêtements par exemple, alors que les masses importantes ont des tons plus rompus. Certains éléments sont aussi manifestement peints.

ALGM : Le même vendeur m'a conseillé d'ajouter de la vaseline pour assouplir ma plasticine. Mais après refroidissement, je constate que des petites perles de vaseline sont présentes dans la pâte à modeler. J'ai vu sur votre site que la vaseline est une paraffine et qu'elle ne se lie pas, ce qui expliquerait le résultat ?

 

Dtp : Pas nécessairement. Ca peut être une affaire de rhéologie ou allez savoir quoi.


ALGM : Est ce que je risque d'obtenir les même problèmes avec la glycérine que vous recommandez ?


Dtp : La vaseline et la glycérine sont des corps saturés. Elles assouplissent (quoi qu'il soit difficile de le certifier concernant la vaseline) mais appauvrissent grandement les capacités de liage déjà bien pauvres de la plasticine.
La glycérine nous a été recommandée et elle est mentionnée par quelques auteurs.

Cependant pour assouplir la plasticine, comme vous savez le contrôle de la température de travail est le remède numéro un. Prévoir des réchauffements locaux n'est peut-être pas inutile.

 

Nous sommes désolés de ne pas pouvoir vous aider davantage. Espérons que des lecteurs bien informés réagiront. Nous écrire.

 

 

 

FIN NOV. 2009

 

 

 

ALGM : (...) j'avais poursuivi les recherches sur Internet à propos de ce qu'utilisait Aardman. Il s'agit d'une recette dont la base est la pâte de la marque Newplast (je n'ai pas trouvé de revendeur en France). Beaucoup d'animateurs amateurs semblent en être satisfaits autant du point de vue de la gamme de 23 couleurs que de la souplesse. Visiblement, les couleurs de base se mélangent avec un rouleau à pâtisserie ou une machine à pâte. Sur le descriptif du produit on apprend qu'elle contient du carbonate de calcium, de petroleum jellly (vaseline ?), des graisses et des pigments... ce n'est pas très précis. la principale marque concurrente (US) est apparemment la Van Aken. Mais tout cela n'avance pas notre question.

 

Dtp : Ces références peuvent être utiles aux lecteurs, merci.

Entre-temps, Jean-Louis a suggéré comme simple piste de trouver un moyen de teindre la plasticine. Difficile de dire comment faire. Cela a en effet déjà été réalisé (exemple très particulier de l'argile bleu turquoise des Mayas). Je viens de poser la question à une personne qui pourrait apporter des réponses.

ALGM : Je n'ai malheureusement pas plus d'infos si ce n'est des recettes aléatoires trouvées sur Internet pour fabriquer de la plasticine et qui restent à expérimenter.

 

Dtp : La nôtre est une synthèse sur des bases vraiment représentatives, mais elle a le gros défaut de ne rien résoudre au sujet des couleurs. C'est très bien que vous souleviez cette question que beaucoup de gens se posent certainement. Il y a aussi le facteur coût car les bonnes pâtes à modeler colorées du commerce ne sont pas très bon marché. Nous savons que des artistes et des étudiants aimeraient disposer de quantités importantes sans se ruiner. Pour cela, la seule solution est de trouver la bonne cuisine...

 

ALGM : J'aurais dû également à l'époque être plus rigoureuse sur la qualité des pigments employés car ils avaient été achetés par mes parents sur un marché à Agadir ;-)  Je me souviens les avoir également testés en peinture, mélangés à du Caparol et la réponse était assez fantaisiste, certains étaient complètement incompatibles (mais à la fois, cette incompatibilité avec le Caparol est indiquée sur Dotapea).

 

L'idée du mordant me plait bien. Si la souplesse de la Newplast me convient, peut-être devrais-je refaire des tests sur la couleur à partir de cette pâte fondue, avec comme vous dites du pigment mouillé ou autre. bref, encore de quoi bousiller quelques casseroles :-)

Dtp : Il serait intéressant de trouver une solution comparable à ces pâtes à modeler industrielles qui sont certainement l'objet de brevets inviolables.

Nous devrions obtenir quelques réponses. D'ici-là, si vous faites des tests avec d'autres pigments, cela nous intéresse et peut rendre service à d'autres personnes.

 

Les réactions et conseils des lecteurs sont bienvenus. Pour nous écrire cliquer ici.

 

 

 

 

 

30/10/2008 - D.V.

Vermillon et mercure

(réponse mise à jour en nov. 2009)

 

Dialogue suivant

 

DV : Vous écrivez que le vermillon, sulfure de mercure authentique a été interdit au XIXème siècle...
A-t-on relevé l'interdiction depuis car j'ai déjà trouvé du vermillon authentique et très cher dans plusieurs endroit.
 

 

 

Dtp : Effectivement il faut tenter de faire le point, sachant que pour être bien rigoureux il faudrait effectuer une recherche vraiment très approfondie que Dotapea n'est pas en mesure de réaliser. Il semble nécessaire de plonger dans les réglementations nationales et européennes et les éventuelles dérogations et infractions connues, tout cela sur le siècle écoulé. Nous pouvons seulement passer en revue différents éléments actuels.

 

Pour se faire une idée des enjeux,

lire l'article Vermillons, cinabre

et en particulier ce passage

 

A partir du 15 mars 2011, tous les produits, alliages, minerais et mélanges contenant du mercure - donc le vermillon de cinabre - seront considérés comme des déchets dans l'Union Européenne, ni plus ni moins.

Cela concerne "l'industrie du chlore et [de la] soude, l'épuration du gaz naturel, la mine non ferreuse, les opérations de fusion et le cinabre" (Bulletin UE 9-2008, Environnement 10/11), ce qui suppose au passage qu'il faudra assurer le stockage dudit déchet dans l'Union "afin de faire en sorte qu'il ne soit pas remis sur le marché intérieur." (prop. adoptée n° 1.22.18). Ce stockage sera effectué dans de profondes mines de sel gemme.

 

Dit autrement, il semblerait que l'on ne veuille plus de mercure en Europe. Du moins, cela semble bien être l'objectif recherché.

L'adoption de cette réglementation par le Conseil a eu lieu en automne 2008 après ce que la presse a nommé "la bataille du mercure", un rapport de force entre industrie et pouvoir politique.

 

Cependant, bien que la question de l'importation ait été soulevée lors des travaux parlementaires, aucune réponse effective ne lui a été donnée [1]. Une partie du problème n'est donc absolument pas résolue.

L'importation en France dans les années 1990 aurait représenté quelques dizaines de tonnes (nous ne disposons pas de chiffres plus récents). Les pays producteurs (Espagne, Italie, ...) disposeraient de réserves de dizaines de milliers de tonnes qu'ils ne mettraient sur le marché qu'en fonction de la demande.

 


Les fongicides et bactéricides au mercure ont été interdits en 1979, les piles en 93, les thermomètres en 99, mais s'il existe bien des réglementations sur le teneur de l'air et de l'eau en mercure et dérivés - notamment dans les milieux professionnels -, on ne relève guère d'informations - hormis les futures interdictions liées à la nouvelle loi - concernant les batteries électriques, les agglomérats dentaires, les vaccins, certains éclairages, ni... les peintures.

 

Un rapide coup d'oeil au Kompass (lien) est d'ailleurs particulièrement édifiant sur la disponibilité de ce métal. Parmi des centaines de fournisseurs, certains proposent par exemple des fongicides. Respectent-il bien la loi de 79 ? Possible, mais seulement s'ils sont exportateurs. Et seulement jusqu'à 2011.

 

 

Une telle affaire ne sera pas close en mars 2011, car même s'il faut saluer cette nouvelle législation, on doit résoudre les problèmes :

* des trafics clandestins, notamment ceux liés à l'orpaillage,

* des pays en difficulté (Madagascar par exemple) où certains tentent désespérément de vendre leur minerai (Dotapea a déjà été sollicité en ce sens il y a quelques années),

* des dispositifs de recyclage pas forcément souhaitables,

* des laboratoires de recherche qui peuvent avoir besoin de ces produits,

* des substituts pouvant intervenir dans les chaînes industrielles,

* et enfin de la réserve pigmentaire nécessaire à la restauration de certaines oeuvres d'art.

 

Le volume de travail que cela représente est, on le voit, très conséquent. Il appartient donc dès maintenant, pour le peintre artistique ou décoratif, de choisir d'assumer ou de refuser de peindre avec un déchet toxique. Reste aussi pour le détaillant à s'assurer que les pictogrammes et avertissements légaux sont bien présents sur les produits mis en vente, si cette vente est légale. Le cas que vous évoquez est inquiétant.

Au passage, rappelons l'existence d'une disposition peu appliquée, la tenue d'un cahier d'apothicaire.

 

 

DV : Je crois qu'un fois fixé sur le tableau il n'est plus toxique, mais qu'il ne l'est que pour moi qui l'emploie si je ne fait pas attention.


Dtp : Il reste absolument toxique mais il est enrobé. Enrobé par des matériaux qui sont souvent un peu poreux et qui de toute façon se transforment au fil des décennies. Raison pour laquelle l'atmosphère influe semble-t-il beaucoup sur la conservation du vermillon et d'autres pigments de ce type. Les liants ne sont ni parfaits ni éternels. Même le verre, a-t-on pu dire dans un article récent !



DV : Mais le problème est et reste la pollution, c'est à dire le mode de fabrication, les rejets possible dans la nature.

 

Dtp : Absolument. Il y a les rejets dans l'évier, bien sûr, mais surtout le fait qu'il s'agisse là d'une poudre. Il faut prendre toutes les précautions possibles contre le contact cutané, l'ingestion, l'éparpillement, etc. En fait il vaudrait mieux ne jamais ouvrir ce genre de boîtes.

 


DV : J'ai acheté ce vermillon parce qu'il y a de nombreuses années je le trouvais très couvrant, donc on pouvait en utiliser de petites quantités.


Dtp : Comme la céruse. Ces substances ont un réel intérêt.

Cependant 1) la permanence du vermillon reste l'objet d'une polémique sérieuse, 2) quand le pot de pigment est vide, l'intégralité de son contenu est de fait éparpillé dans la nature à moyen, long ou très long terme. Certes, ce n'est pas un déchet industriel mais cela soulève le problème de fond associé au mercure : dès qu'il est extrait de sa mine (ou autre source), « le mal est fait » car on ne sait qu'en faire à part l'entreposer dans des mines de sel, au mieux.

 

 

S'il existe des atteintes extrêmement violentes (l'épouvantable exemple de Minamata est cité dans l'article Vermillons, cinabre), certains auteurs et institutions mentionnent aussi une pollution diffuse plus discrète qui est actuellement l'objet de recherches, et un cycle naturel du mercure (bien documenté sur le web, par exemple ici - p. 24) avec lequel il vaudrait sans doute mieux ne pas interférer davantage, notamment dans la mesure où nous, humains, sommes les victimes les plus exposées, étant au bout de la chaîne alimentaire.

 

On peut comprendre les choix des décisionnaires politiques d'aujourd'hui, qui tendent à soustraire de l'environnement le mercure qui en a été extrait.

Certes ils doivent tenir compte du fait que l'industrie n'est pas encore prête à s'en passer, et sans doute doivent-ils faire des concessions (les importations), mais le cap est fixé. Reste à contrôler ces progrès dans les faits.

 

 

DV : Parfois quand on voit le nombre de voitures on se demande si cela vaut bien la peine de se tracasser.


Dtp : Les autos ne sont pas peintes avec de tels pigments. Ce serait catastrophique à grande échelle. Heureusement, il existe une palette de couleurs industrielles bien fournie et bien moins toxique que les substances mercuriques. Souvenons-nous que Minamata était terrible. On parle là de produits presque aussi encombrants que les déchets nucléaires.

 

 

DV : Je me demande si le vermillon du magasin n'a pas été trouvé dans les réserves par un jeune employé, qui l'a mis dans les rayons sans bien savoir.
Évidemment il y avait un côte barre avec un prix en euros !!!

 

Dtp : Très possible. De tels produits ne devraient plus être traités avec cette légèreté par des acteurs commerciaux ou industriels.

 

Pour terminer, on notera que le mercure, selon les informations toxicologiques disponibles (qui sont encore incomplètes), serait l'un des rares atomes qui même à l'état non radioactif présenterait des dangers qu'il soit seul ou associé à d'autres éléments, organiques ou inorganiques. C'est-à-dire que contrairement à la grande majorité des atomes non transuraniens, aucune association ne neutraliserait sa toxicité d'une manière durable dans un environnement terrestre moyen. Aucune association ne semblerait satisfaisante à part le confinement.

 

 

_____

 

[1] "la demande, exprimée par le Parlement en 1ère lecture, d'interdire également les importations de mercure dans l'UE n'est pas inclue dans le compromis.", voir page sur europarl.europa.eu.

 

Cette note est destinée à dissiper un malentendu qui ne doit pas être colporté comme c'est le cas actuellement sur certains sites internet : l'importation de mercure n'est aucunement interdite à la suite du vote parlementaire d'une proposition.

Il semble important de redire que pour le moment dans l'Union, c'est le Conseil (des ministres, pas le Conseil Européen qui est constitué des chefs d'États ou de gouvernements) qui décide d'adopter ou non les propositions du Parlement et de la Commission. Une proposition n'a aucune valeur communautaire légale tant qu'elle n'est pas adoptée par les ministres réunis en Conseil.

 

Le traité de Lisbonne devrait modifier ce fonctionnement.

 

 

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15/10/2008 - M.P.

1ère partie :

COV, glycéro, acrylique et diluants

(réponse mise à jour en nov. 2009)

 

Dialogue suivant

 

MP : Bravo encore pour ce site qui à le mérite de prendre le temps de définir les principaux concepts physico-chimique (de façon assez didactique d'ailleurs, comme je suis prof de physique-chimie je me régale) pour comprendre un peu mieux (entre autre) ce qu'il y a derrière le mot peinture et surtout qui ne donne pas de recettes toutes faites.

On construit soit même ces connaissances et on adopte ainsi les ingrédients qui conviennent c'est assez rare pour être souligné.
Merci !

 

 

 

Dtp : Merci à vous ! Oui nous cherchons à attirer l'attention sur les substances et les phénomènes, pas sur des méthodes, pour susciter des questionnements et des expérimentations hors des sentiers battus.

 

MP : J'ai le projet de repeindre les murs de la chambre de ma fille, de réaliser une modeste fresque mais la pièce à été tapissée de fibre de verre par les précédents locataires. J'ai bien peur d'arracher le plâtre avec la fibre de verre si je l'enlève il faut donc que je fasse avec.
Je me pose des questions concernant ce support dont je ne trouve pas de réponse dans le site :
    je ne veux pas d'acrylique, si je peux éviter l'émission des quelques 20 % (selon l'Eco-Label européen) de COV.

Donc encore moins de glycéro.

 

Dtp : Dans le domaine des acryliques BTP, nous disposons de peu d'informations, mais 20% de composés volatils, cela semble considérable par rapport aux produits Beaux-arts. Une question se pose par ailleurs : "quels COV ?" A ce sujet, lire l'article COV du glossaire.

 

Quitte, pour l'occasion, à faire de Dotapea l'avocat du diable, la glycéro est une huile émulsionnée, un produit normalement plutôt lourd (en masse moléculaire) qui ne présente guère les caractéristiques d'un organique volatil sauf par adjonction d'un produit de ce type "dans le pot", pour des raisons de conservation ou autres.

 

Comme dit dans le glossaire, tous les COV ne sont pas des toxiques ni des polluants. Concernant les produits d'origine minérale, les volatils toxiques - certains vraiment très toxiques - sont les aromatiques.

 

Or le peintre qui utilise un diluant, souvent en quantité notable, emploie généralement un white spirit de qualité moyenne pour des raisons de coût. White-spirit de qualité moyenne qui contient... des proportions importantes d'aromatiques.

 

Ainsi, le diluant peut avoir selon les cas un impact toxique équivalent voire supérieur ou très supérieur à celui du liant.

   

Parallèlement à ces points techniques, on citera un passage de l'article Les alkydes :

 

« Selon une peintre québécoise, la pâte alkyde, en autorisant d'une manière édulcorée l'emploi de l'huile, éviterait aux Nord-américains de se confronter à certains symboles que représenterait cette dernière utilisée pure, à la manière européenne. »

 

Dit autrement, il pourrait exister une sorte de réticence culturelle en Amérique du Nord vis-à-vis des peintures grasses, ce qui nous incite à garder une distance prudente par rapport aux critiques émises depuis quelque temps au sein de l'Union concernant ces peintures.

 

A ce sujet, lire ce Courrier ainsi que l'article consacré aux essences, récemment mis à jour.

 

Que l'on évoque la peinture glycérophtalique ou acrylique, on peut, dans ce type de contextes, faire abstraction des tendances culturelles ou même du concept encore ambigu de COV pour se recentrer sur un point vital : la présence d'aromatiques - surtout primaires, benzènes, toluène et xylène - sur toute la chaîne qui permet d'appliquer une peinture sur une surface, adjuvants et diluants compris.

 

 

 

 

 

15/10/2008 - M.P.

2ème partie :

Caséine et chaux

(réponse mise à jour en nov. 2009)

 

 

MP : Les peintures bio toutes faites sont sans doute extrêmement couvrante et saines mais aussi extrêmement chères pour la surface de la fresque (à la louche 40 m2).
D'après ce que j'ai pu lire sur ce site et d'autres (sites de fabricants) la caséine comme liant et la chaux semble être les plus adaptés.

 

J'aimerais tenter l'aventure à l'aide d'une tempéra faite d'un mélange caséine chaux + assouplissant glycérine et pigments dits naturels ou dits minéraux (qui sont aussi naturels) selon le catalogue du revendeur qui m'intéresse. Mais je ne sais pas si ce mélange convient à ce support d'autant plus qu'il y a déjà une couche d'acrylique sur le mur.
J'aimerais faire des essais mais c'est dur d'investir une cinquantaine d'euros pour des essais... Qu'en pensez-vous ?
 

 

 

Dtp : La chaux est sans doute une solution. La caséine par contre vous coûterait des sommes non négligeables pour cette surface.

Mais surtout, le mélange caséine+chaux ne semble pas forcément à conseiller pour ce genre d'usages, notamment en raison de la difficulté de bien doser la caséine pour ne pas perdre le bonus apporté par la chaux (lire passage in Chap. XVI des Dialogues de Dotapea).

MP : Vous me conseillez donc de faire un badigeon de chaux. La chaux hydraulique me semble pas mal pour la région brestoise. J'ai fait un essai a fresco.

Dtp : Oui, il faut une chaux hydraulique, à Brest et en fait... partout ailleurs.

Elle fait des miracles mais il faut penser à l'enduction. Surtout si vous avez comme support un mélange de plâtre, de fibre de verre et d'acrylique. L'enduit est essentiel en pareil cas.

 

 

 

 

Pour le moment le Courrier des lecteurs s'arrête ici, mais le traitement continue.

 

 

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