Il s'agit là d'une sorte de moyenne statistique. Par exemple, la lumière
d'un néon n'occupe que très peu de "raies
d'émission" et n'aura qu'un lointain rapport avec l'un des
spectres du corps noir alors que le soleil couvre un très large spectre
nettement plus comparable.
Mais même le spectre solaire se révèle différent selon qu'il est
observé à partir de l'espace ou de la terre. Ici, les éléments présents dans l'atmosphère absorbent certaines raies
d'émission. Il suffit de quelques nuages pour que cette variabilité nous
soit directement sensible !
L'emploi des "moyennes statistiques" que nous évoquions est
lié à leur utilisation la plus courante, liée à l'emploi d'éclairages
artificiels (très importants dans les domaines du cinéma et de la photo
notamment, mais aussi dans les musées, les galeries et certains ateliers
d'artistes !).

En liaison directe avec ces domaines, des étalons internationaux en matière de spectres
lumineux ont été créés.
L'étalon A a une température de couleur de 2850K. Il
correspond à une banale lampe au tungstène.
L'étalon B "atteint" 4800K. Il ressemble à la
lumière du soleil.
L'étalon C, 6500K, évoque la lumière d'un ciel bleu. Son
spectre est obtenu à l'aide de filtres pigmentés au cuivre et au cobalt.
Le blanc (noté W) est une lumière théorique possédant un "spectre d'égale
énergie" : toutes les couleurs sont aussi intenses. Dans les faits, le
blanc est obtenu avec une lumière proche de l'étalon A à laquelle on applique
des filtres légers bleus et rouges.
Comme le prouve le diagramme ci-dessus - aimablement fourni
par Alain Klotz -
il
n'y a aucun lien entre la température de couleur et les appellations courantes
"couleur chaude" ou "couleur froide",
très utilisées dans le domaine des arts picturaux. Ou plutôt, si un lien
devait exister, il serait inversé : les bleus et violets correspondent à des
températures de couleurs plus élevées que les couleurs dites chaudes.
En fait, un spectre naturel est toujours complexe. Pour l'analyser, on est
obligé de recourir à des concepts tels que le "facteur de pureté"
ou la "longueur d'onde dominante". De plus, la température des
éléments émetteurs détermine la largeur de chaque spectre d'émission. L'identité d'un spectre à celui
du corps noir chauffé à une température donnée n'est jamais qu'approximative.
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