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Les dialogues sur la physico-chimie
appliquée aux arts

 

Chapitre VII

Sfumato et diffusion Rayleigh

dial   dial   dial

 

 

 

 

Ce chapitre des Dialogues de Dotapea est une discussion entre Jean-Louis, physico-chimiste au CNRS, et un candide, Emmanuel.

Les personnages sont réels, la discussion aussi. Elle peut reprendre à tout moment et ce texte peut s'allonger.

 

 

 

Emmanuel : Nous avons parlé récemment de l'aérogel et je me suis demandé pourquoi il donne de tels effets de contours et de halos. Est-il polariseur ? Interférentiel ?

 

Jean-Louis : Je n'ai pas vérifié mais je ne pense pas que l'aérogel soit biréfringent, donc je ne crois pas qu'il y ait des effets de polarisation. Par contre c'est un matériau diffusif.

 

Emmanuel : Un matériau diffusif ?

 

Jean-Louis : Ce qui définit un matériau diffusif, c'est que la lumière y progresse en zigzag, et non pas en ligne droite. Le verre dépoli comparé au verre poli. Ce sont généralement des matériaux hétérogènes ou dont la structure varie légèrement à l'échelle submicronique. L'air pur n'est pas diffusif et est incolore, comme l'eau. Si il y a des gouttelettes d'eau ou des poussières dans l'air, il devient diffusif, et les couchers de soleil sont spectaculaires. Un coucher de soleil est toujours plus "beau" à la mer qu'à la montagne où l'air est très pur et très sec.

 

 

 

Pourquoi le coucher de soleil est plus beau en mer

 

Lorsque le matériau est diffusif, la diffusion de la lumière est de type "diffusion Rayleigh". Ce type de diffusions dépend de la puissance -4 de la longueur d'onde de la lumière. Les bleus sont beaucoup plus diffusés que les rouges.

 

Donc, l'aérogel apparaît bleuté en réflexion et jaunâtre en transmission. C'est la même chose que pour le bleu du ciel : le ciel apparaît bleu car la composante bleue de la lumière solaire est beaucoup diffusée. Le soir, quand la lumière du soleil traverse une épaisseur maximale d'atmosphère, tout le bleu est diffusé. Il ne reste que le rouge, la couleur du soleil couchant.

 

 

Emmanuel : Donc diffuser, au sens strict - que l'on a un peu tendance à oublier moi compris -, c'est répandre dans toutes les directions (cf. Académie française). D'une certaine manière, ce qui est diffusé en premier est perdu en premier. Si l'on suit la logique de Lord Rayleigh, plus il y a d'épaisseur de matériau diffusif, plus les couleurs correspondant à des longueurs d'ondes courtes sont "mises hors champ" parce qu'elles sont diffusées avant que les autres le soient.

 

Est-ce que cela peut avoir un impact par exemple en peinture ?

 

 

 

 

Diffusion Rayleigh

Jean-Louis : Le sfumato, mon bon ami, le sfumato. Un exemple typique de diffusion dans les couches picturales.

 

Pour ce que l'on en sait, le sfumato s'obtient en dispersant un pigment peu couvrant genre blanc de zinc dans le médium. Une comparaison serait quelques gouttes de lait dans de l'eau. Les particules d'oxyde de zinc (ou les globules de graisse du lait) agissent comme des centres diffusants, bien que le milieu demeure relativement transparent.

 

Emmanuel : Le blanc transmet la lumière d'une certaine manière. C'est le principe de la vélature, un glacis blanc qui effectivement la diffuse. Concernant le sfumato, je pense que les maîtres ont combiné ce principe avec celui du glacis classique, mais ce n'est qu'une opinion personnelle.

 

Sfumato

 

 

La suite : chapitre VIII

 

 

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