La
caséine
Ce produit est apprécié car son comportement fiable est bien
connu depuis des millénaires. Il faut cependant bien veiller à
l'employer à bonne escient, respecter ses spécificités. Ce n'est pas
une colle-liant ultramoderne, multi-usages et multi-supports !
Pour plus d'informations sur la chimie de
la caséine,
lire le chapitre III des Dialogues de
Dotapea, Caséine, phosphore et dissociation.
Caractéristiques
Diluant, solvant,
dissolvant de la caséine :
nous avons l'habitude de placer cette rubrique dans tous les articles concernant
les liants. Cependant le terme de solvant a un
sens particulier en ce qui concerne ce produit. La
caséine "brute" nécessite en effet
l'adjonction d'une substance - appelé "solvant" à tort
ou imprécisément - pour pouvoir être diluée par la suite par l'eau.
Lire passage
ci-dessous.
L'acétone utilisée massivement peut, comme
l'alcool à brûler, être considérée
comme un dissolvant. L'ammoniaque est un
solvant, au sens où il met en solution la caséine brute, ni plus, ni moins.
Seuls le calcium
et le baryum (les deux éléments alcalinoterreux
les moins inutilisables) "fixent" la caséine et ils doivent être utilisés en
quantités importantes. Une caséine demeurant soluble après plusieurs semaines ou
mois pourrait en quelque sorte "manquer d'alcalinoterreux".
Note : La caséine mêlée au formol
produit une substance peu commune et très dure, la galalithe.
Le formol, en tant qu'élément de différentes procédés de fabrication,
est un durcissant.
La caséine donne une touche bien précise et un film généralement très solide, dur. Elle convient idéalement aux supports
eux-mêmes durs, solides, présentant un peu ou beaucoup de porosité tels que le plâtre ou
surtout le bois car elle est
inattaquable par les vers. Pure ou
mélangée à la chaux, elle
laisse respirer des supports tels que les vieux murs, qui en ont besoin.
Pourtant elle est assez "imperméable" pour résister (bien sèche) au lavage à
l'éponge.
Grâce à sa solidité, elle peut être poncée. Des enduits et gessos très
fins peuvent donc être réalisés.
Sa dureté en fait en même temps un produit fragile, cassant
(->
craquelures, cassures). Il faut à tout prix éviter de l'employer sur des supports souples
SAUF adjonction de glycérine ou autre agent
assouplissant (voir ci-dessous). Cette adjonction est à conseiller de toute manière, mais seulement en
petite quantité si le support ne pose pas de problème précis et si l'environnement est non acide.
La caséine est constituée de protéines plus
complètes que celles des gélatines
et présente pour cette raison des caractéristiques différentes bien que son
origine soit également animale.
Elle est plus dure et après quelques semaines, elle devient irréversible.
Il est déconseillé de trop la diluer car l'assemblage des protéines
risque de ne pas se faire lors du durcissement.

Mélanges
Mélanges
de type caséine-chaux
Un intérêt majeur de l'adjonction de chaux
dans la caséine est la diminution des coûts. La chaux, moins coûteuse, autorise le traitement de surfaces importantes.
Ce mélange est donc employé depuis très longtemps en peinture décorative - où
elle a des détracteurs, lire un
passage du chapitre XVI
des Dialogues de Dotapea -, mais
là n'est pas sa seule application. Par ailleurs, il faut mentionner son aspect
pratique et sans grand danger, par opposition aux traitements nécessitant un
recours à des produits alcalins dangereux comme l'ammoniac par exemple.
Certains fabricants proposent des
mélanges du type Casé-Arti ® - voir photo ci-dessus -, fort
épais et probablement non dépourvu de chaux, dont la composition précise n'est
malheureusement pas annoncée. Ces produits sont couramment destiné à l'enduction
ou à la peinture décorative. Certains sont teintés en blanc.
Il est aisé de réaliser soi-même ce
genre de mélanges (lire par exemple la recette "le badigeon caséine-chaux et ses
variations" ci-dessous). La chaux est utilisée en amont, comme "pré-solvant"
des variétés brutes de caséine (voir ci-dessous),
donc introduite lors de la fabrication de la caséine soluble. Exemple :
Recette de caséine à la chaux à partir de
fromage blanc. Mais il est possible de forcer la dose de chaux, même au
moment de peindre, pour différentes raisons : coût, aspect, charge
électrochimique, etc.
ATTENTION : dans tous les
cas, le mélange caséine-chaux est très cassant sans adjonction d'un
agent assouplissant comme la glycérine
ou un liant vinylique (voir
Assouplissant).
La caséine à la chaux
est un très beau mariage qui a d'autres avantages que le seul coût, assez faible : la
chaux est imputrescible mais pulvérulente et friable
alors que la caséine est vermifuge et solide.
La caséine est
transparente, mais la chaux, quant à elle, peut
être tantôt assez transparente, tantôt un peu blanchâtre selon qu'elle est
plutôt grasse ou plutôt maigre, sans compter les adjuvants éventuels.
Certaines sources évoquent l'enduction de papier ou de
toile par le mélange caséine-chaux. Ce choix est véritablement douteux car la toile
et surtout le papier sont très souples alors que le mélange est extrêmement cassant. Il faudrait maroufler
ces supports en premier lieu ou bien adjoindre un puissant assouplissant
à l'enduit. Sans cette opération, nous avons constaté qu'une caséine
mêlée d'ingrédients comme la chaux craquelle au moindre mouvement appliqué aux supports souples.
La caséine pure est à peine plus souple. On peut donc conclure sur ce
point en suggérant aux fabricants de ce type de produits de communiquer au sujet
de l'agent assouplissant qu'ils utilisent éventuellement.
Émulsion
huile-caséine, saponification
--> Voir émulsions
à la caséine dans l'article liants émulsions.
Peindre avec de la caséine
Comme nous l'avons dit, la caséine sert à enduire les support, mais aussi à peindre. On parle alors
de tempera
à la caséine, puisqu'il s'agit pleinement d'une détrempe.
Bien que tombée en désuétude, c'est une peinture à part entière
qui a largement fait ses preuves et ne doit pas être négligée. Elle offre de
splendides veloutés, mais aussi des transparences remarquables et inattendues.
Les empâtements ne produisent pas de craquelures
mais de minuscules cratères et des sortes de paillettes.
Pour qui veut essayer ce procédé de peinture pour
la première fois, une
caséine soluble en poudre et une simple planche de bois modérément épais
suffisent. Un papier épais ou de la toile peuvent même être employés, pour autant que la peinture contienne un assouplissant. Mais on peut
aller beaucoup plus loin : travailler sur des murs entiers, mélanger les liants
et effleurer des techniques telles que la fresque, exploiter tout au contraire
la finesse de la caséine pour fabriquer une
encre, etc.
Pour les travaux sur de grandes surfaces, il est
conseillé pour des raisons de coût de fabriquer
soi-même le produit et d'utiliser, si possible, des mélanges (voir
ci-dessus).
Pâte
caséine-bois
C'est un cas particulier. Elle est employée non
comme peinture, mais comme sort de "pâte à bois". Elle est utilisé par des
sculpteurs et des décorateurs.
Pour créer cette pâte, on mélange la caséine
à de la sciure de bois, fine de préférence.
Cela permet non seulement d'effectuer des
réparations très fines sur des meubles (un emploi subalterne), mais aussi de travailler la
pâte sèche exactement comme s'il s'agissait de bois. On la scie, on la
lime, on la travaille au ciseau et à la gouge !
Nous attirons donc l'attention de tous les
plasticiens sur les ressources de ce produit très facile à fabriquer et
garantissant une longue conservation.
Manipulation,
recettes
Avertissements
Nous avons tous lu, ici et là, différentes recettes bourrées
d'imprécisions. Nous ne voulons pas en être le relais. Par exemple, il est
particulièrement essentiel de spécifier de quelle forme de caséine on parle,
car, comme nous allons le voir ci-dessous, il en existe plusieurs.
Comme entrée en matière, nous indiquerons quelques informations
essentielles :
*
IMPORTANT
De nos jours, les produits à la caséine
sont le plus souvent vendus sous forme soluble et ne nécessitent aucun recours
à des " produits chimiques". Ils se présentent
généralement sous la forme de poudres qu'il faut mettre en solution
par adjonction d'une eau chimiquement neutre (eau
distillée, testée au papier
tournesol - voir photo ci-contre).
Ces solution sont généralement très alcalines, mais pas toujours. Il est
donc conseillé dans tous les cas de tester le pH du produit final
avant
d'y incorporer du pigment, et de choisir celui-ci en conséquence. Lorsque la
solution est fortement alcaline, la palette
doit le plus souvent être restreinte à celle de la peinture à fresque
(pour consulter une liste de ces pigments,
cliquer ici). Nous préconisons une attitude précautionneuse afin
d'éviter les catastrophes picturales.
*
"Pré-solvants"
L'ammoniaque, le carbonate
d'ammonium, le borax, la potasse ou plus
simplement la chaux éteinte et,
à l'opposé, différents acides purs sont en quelque sorte des
"pré-solvants" : ils servent à permettre ultérieurement la mise en solution
de la caséine en partant des variétés brutes : caséine "chimique" insoluble et caséine
"faite maison" avec du petit lait ou du fromage blanc. La particularité
de la chaux est de jouer simultanément un véritable rôle plastique en
tant que liant. Elle a probablement été le
premier "pré-solvant" de la caséine.
Xavier
de Langlais mentionne l'emploi d'acide acétique pur,
c'est-à-dire vraiment non dilué. Nous ne sommes pas sûrs qu'ajouter un
acide à une substance qui l'est déjà donne en fin de traitement un
produit très fiable et facile d'emploi, mais tout est possible à condition
d'expérimenter préalablement.
* L'eau
L'eau employée avec la caséine ne doit jamais être acide, sans
quoi des sels risquent de se former (lire
article). Pour des travaux "précieux", l'idéal est l'eau distillée.
* L'assouplissant
Avec la cassante caséine, un assouplissant
est nécessaire dans la plupart des cas : le bois et même les murs bougent,
et que dire du papier ou de la toile ?
La glycérine est employée le plus souvent. Ne
réagissant qu'en présence d'acide, elle est bien adaptée à cette peinture
qui est fréquemment alcaline. Les esters, eux, peuvent réagir en présence de bases (voir
Saponification), aussi les liants à
peindre traditionnels ou synthétiques sont ils moins conseillés.
* Précisions
Selon diverses sources, toute préparation à base de caséine
exclurait l'emploi d'outils
ou de récipients métalliques pour des raisons
de compatibilité chimique. Ces précautions pourraient en fait s'appliquer
seulement aux caséines dites
"insolubles", c'est à dire toutes celles qui n'ont
pas encore été traitées avec des éléments alcalins. Naturellement acides
(avant traitement, répétons-le),
elles peuvent en
effet réagir en présence de métaux et d'oxygène.
Certains fabricants de produits à la caséine rendus solubles en atelier
conseillent d'attendre une heure pour les appliquer après
mise en solution dans l'eau.
*
Sécurité
La manipulation de certains des produits évoqués ci-dessous
nécessite des précautions rigoureuses et bien adaptées.
Concernant les produits les plus usuellement employés comme la caséine
soluble et la chaux éteinte, il ne s'agit pas de substances
particulièrement dangereuses, mais il est préférable d'éviter les contacts
cutanés répétés ainsi que l'ingestion ou l'inhalation. Ils ne doivent pas
être stockés en des lieux accessibles aux enfants et aux animaux.
Recette de caséine à la
chaux à partir de fromage blanc
* voir
Avertissements
*
égoutter un fromage blanc frais de taille moyenne (environ 200
ml 1)
- certaines recettes spécifient qu'il ne doit pas contenir de matières
grasses. En effet, plus le fromage est gras, plus il y a de probabilités de
saponifications de
stéarine au détriment de la formation de
sels lors de l'ajout de l'alcali. De plus, le
savon stéarique (utilisé en savonnerie) offre un réel risque
d'hygroscopie excessive.
* bien
l'écraser en mélange avec 10 g (environ) de chaux
éteinte en pâte ayant la consistance d'un
plâtre frais
*
ajouter de 0 (rare) à 2 ou 3 volumes d’eau selon la consistance
désirée. Il est en théorie possible de faire sécher intégralement le mélange
et de l'hydrater par la suite, mais nous ne disposons pas de témoignages de
ce procédé (n'hésitez pas à nous écrire si vous
avez pratiqué une telle expérience).
Les proportions caséine/chaux sont données à titre indicatif, sachant qu'une
importante quantité de chaux prête plutôt à
un emploi comme enduit. Il faut noter aussi que le degré d'égouttement et de
séchage avant (rare) et/ou après (souvent de l'ordre de quelques jours au
réfrigérateur) l'opération peut varier selon les recettes et les usages. Chacun
peut préférer une caséine/chaux plus gélatineuse que poudreuse et l'utilisent
telle quelle. Il faut cependant
rappeler que la caséine a un comportement particulier en empâtement (description
cliquer ici), surtout sans charges.
L'aspect "fresque" peut
être exploité et renforcé par l'ajout d'un peu de sable fin (chimiquement
neutre ou légèrement alcalin, surtout si vous incorporez de la glycérine)
voire d'un peu de blanc de Meudon ou une
autre marne. Vous
pouvez même directement substituer à la chaux éteinte un mortier
pour peinture à fresque (encore plus solide
et plus épais, mais un peu moins fin) si celui-ci est suffisamment alcalin.
La chaux étant une base assez forte, c'est elle qui permet la mise en solution,
ce qui rend inutile l'apport d'ammoniac et autres produits fortement basiques, courant dans les recettes de caséines.
Notons l'existences de recettes très diverses sur cette base. Les adjuvants
recommandés sont innombrables et pas forcément utiles.
Recette
à la caséine "chimique"
Emplois : colle, enduit, liant à peindre
La caséine est parfois vendue sous une forme dite "insoluble" ou
"chimique" qu'il faut rendre soluble pour l'utiliser comme liant ou
colle.
* voir
Avertissements
*
une part de caséine "chimique" servira d'étalon en poids
* laisser imbiber pendant une heure dans 3 parts d'eau
environ (à température ambiante) en remuant de temps en temps
* pendant ce temps, diluer 1/5è de part
d'ammoniac dans 2 parts d'eau (attention
aux émanations toxiques : ouvrez les fenêtres, protégez-vous, tenez les
produits à distance du visage, opérez en milieu calme)
* verser l'ammoniac dilué dans la caséine
diluée en remuant (éviter les grumeaux). Le mélange peut mousser
* ajouter 2 parts d'eau sans cesser de mélanger
* laisser reposer.
Avant d'employer cette préparation, lui adjoindre de l'eau. Pour en
déterminer la quantité, se souvenir simplement que lorsque la substance devient
sirupeuse (selon Xavier de Langlais, elle
"doit être de la consistance d'un miel clair, sans aucun grumeau"), le
produit est pratiquement prêt. Une adjonction de glycérine
(5% du poids total au maximum) et/ou de nombreux autres produits est faisable.
On trouve des recettes où le carbonate
d'ammonium joue le rôle solvant rempli ci-dessus par l'ammoniaque. Les
quantités sont très différentes. Exemple : deux parts de caséine pour une de
carbonate d'ammonium, 16 parts d'eau à verser en deux fois à quantité égale
à douze heures d'intervalle.
Le badigeon
caséine-chaux et ses
variations
Voir absolument Badigeon
A propos du mélange caséine-chaux,
Voir ci-dessus
* Voir
Avertissements
* Il faut préparer séparément la caséine soluble et la chaux (aérienne
en principe, hydraulique seulement si l'on
prévoit beaucoup d'humidité lors du séchage).
Leurs consistances doivent être sensiblement identique, entre miel et plâtre.
Compter au moins 1/2 litre de pâte de caséine par seau de chaux. Prévoyez beaucoup plus
de caséine si vous voulez
réaliser un travail plus typiquement artistique. La proportion peut
alors atteindre 30, 50% ou plus si l'on souhaite obtenir une peinture plus
"fixe", bien solide et permettant aussi un travail relativement fin.
RAPPEL : le mélange caséine-chaux est très cassant sans adjonction d'un
agent assouplissant comme la glycérine
ou un liant comme le vinyle ou
l'acrylique (voir Assouplissant).
* Bien mélanger. Vous obtenez un produit qu'il faudra utiliser bien dilué si la
destination est décorative et la quantité de caséine, faible. Tout travail en
empâtement nécessiterait l'adjonction d'un produit tel que le plâtre, un ciment
fin
ou un liant synthétique adapté.
Dans le cas contraire, donc si la destination du produit est "plus
artistique" et le produit bien chargé de caséine, on peut appliquer
la peinture de manière habituelle, sans diluer particulièrement et sans empâter
outre mesure. De plus, il n'est pas exclu de travailler
à fresque.
Il ne faut pas non plus exclure le badigeon caséine-chaux dilué,
traditionnel, de toute démarche artistique car les vertus de cette très ancienne
mixture lui ont apporté des lettres de noblesse et méritent d'être exploitées à
bon escient - c'est-à-dire moyennant quelques expérimentations préalables.
Ce produit que l'on peut aisément transformer, n'est pas dépourvu
d'intérêt sur le plan pédagogique.
Une recette
"standard" sans chaux avec une caséine soluble
La recette ci-dessous est presque un simple mode d'emploi.
Ce procédé est principalement destiné à la peinture a
tempera mais rien n'empêche de s'en servir pour des collages (bois) et
enductions.
Il suppose que l'on dispose d'une caséine "soluble".
Il est facile de se procurer ce produit dans le commerce (détaillants
spécialisés dans les arts plastiques), mais on peut aussi
le fabriquer (voir les deux recettes ci-dessus).
* voir
Avertissements
*
une part de caséine servira d'étalon en poids dans cette recette
* diluer la caséine dans 9 parts
d'eau
distillée (quantité habituelle) ou selon les indications du fournisseur
* mélanger et attendre que la consistance soit homogène et sirupeuse
* assouplissant : ajouter 1/2 part de glycérine
au maximum.
*
adjuvants divers : vernis, cires, résines diverses, etc.

En fait, une caséine soluble achetée dans le commerce (voir photo) peut être plus
alcaline que prévu, même si son principe actif est l'acide
phosphorique. On pourrait croire que celui-ci se trouve à l'état de sel et
donc qu'il devrait se reconstituer en présence d'eau mais PAS DU TOUT ! La
solution obtenue demeure nettement alcaline à cause
des produits basiques utilisés lors de la solubilisation.
Précautions utiles : une vérification du pH du produit en
solution aqueuse neutre (papier tournesol)
peut à peu de frais indiquer ou contre-indiquer certains adjuvants.
Le support ne doit pas non plus être acide et doit être analysé de la même
manière.
Adjuvants typiques
et auxiliaires
Différents adjuvants peuvent utilisés sous certaines conditions (sauf intentions artistiques
particulières de l'ordre de l'aléatoire) :
* les adjuvants chimiquement neutres devraient être incorporés de
préférence dans un environnement neutre ou légèrement alcalin
* les adjuvants fortement acides ne devraient pas être incorporés sans
intention réfléchie en milieu fortement alcalin ou alcoolisé (éthanol,
glycérine) car cela suscite une réaction
chimique de nature à altérer les produits mis en oeuvre. Dans certains cas, l'association d'un produit de charge opposée
peut provoquer une neutralisation plus ou moins stable dans le temps selon
les cas. Il est cependant recommandé de s'assurer du pH de tous les
éléments en présence, y compris l'eau, à l'aide d'un papier
tournesol et de mener quelques tests avec précaution.
* La glycérine semble
vraiment un additif intéressant pour la caséine. Voir
Assouplissant.
* Une huile à peindre permet d'obtenir
une émulsion
à la caséine, mais nous déconseillons radicalement l'emploi de cet adjuvant
qui est un ester réagissant en présence d'alcalis comme la caséine.
* Un médium à base de dammar ou
de mastic pourrait être adjoint, voire aussi un
médium pour la peinture à l'huile à base de résines
synthétiques. Mais les médiums du commerce contenant pratiquement tous de
l'huile, le comportement du produit fini pourrait rapidement présenter un comportement
très altéré. Même sans huile,
une résine comme le dammar ou le mastic est assez grasse en elle-même. Tests
préalables conseillés sur une période très longue.
* Les
cires classiques
(abeilles, carnauba) pourraient aussi être employées moyennant tests préalables
portant sur des durées suffisantes. Les résultats semblent en effet corrects
même après un an, mais il semble douteux qu'un ester comme une cire puisse
rester indéfiniment insensible à la présence d'un produit alcalin comme la
caséine.
* Un
agent conservateur est nécessaire dès lors que l'on veut stocker durablement une caséine
sous forme de pâte. Kevin Mac Cloud conseille
le fluorure de sodium (1% du poids à sec). Xavier
de Langlais préconise l'essence
de Mirbane et l'acide phénique neigeux, au sujet duquel nous manquons
d'informations (merci de nous fournir
toute information sur ce produit). On sait cependant que les phénols,
bons antiseptiques, sont aussi toxique et dangereux à la manipulation.
A
la place de ces produits, nous conseillons la préparation
progressive de quantités restreintes de pâte en solution : alors que la caséine se conserve
aisément sous forme de poudre, elle se dégrade trop vite à l'état demi-liquide.
Donc
pourquoi en préparer plus que nécessaire ?
* Comme avec les
autres peintures protéiques, le formol est un agent durcissant et
imperméabilisant (certains disent même qu'il est polymérisant - voir catalyseur
polymérisant).
Il peut être incorporé dans le frais ou badigeonné à sec. L'acétone peut également être
employée par projection sur la surface sèche. L'alun
- un produit qui a fait ses preuves dans différents domaines - est mentionné
par plusieurs sources. Comme le formol, il peut être incorporé directement
dans la caséine lors de la mise en solution.
Voir Enduits et
apprêts, Les colles.
_____
1 Le fromage blanc frais étant surtout composé
d'eau, sa densité moyenne est très proche de 1. On peut donc
approximativement exprimer les quantités en grammes ou en millilitres
indifféremment.
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