Les blancs synthétiques

Il y a gros à parier
que les premières synthèses du blanc de titane tiraient sur le
jaune, comme certaines sources le mentionnent, et que ce défaut a été compensé par la suite (toute
information précise sur l'histoire du blanc de titane sera la bienvenue). Peut-être aussi la
mauvaise préparation de certaines huiles transparaissait-elle davantage en présence
de ce blanc qui est l'un des plus éblouissants pigments qui soient.
A tel point - et ce n'est pas une boutade - que l'on déconseillera de laisser à
l'air libre, pendant les nuits d'été, une surface fraîche peinte avec ce pigment
tant elle attire les insectes nocturnes qui la confondent avec une source de
lumière.
La photo ci-contre
permet de comparer le blanc de titane à un blanc de
lithopone, mélange de
blanc de zinc et de blanc de baryum censé être plutôt neutre.
Le titane a détrôné
le blanc de lithopone et les autres blancs pour nombre d'usages parce qu'il est à la fois
*
très lumineux
* permanent
* parfaitement stable en mélange
(ce qui n'est pas forcément le cas du blanc de lithopone, selon la qualité
du lavage du pigment)
* sensiblement dépourvu de
toxicité (Lire Blanc de zinc,
blanc de titane : toxicité).

Ses défauts :
* il est un peu grumeleux au
liage. A cause des temps d'imbibition, il doit être de préférence
traité en premier sur la palette lorsque le peintre prépare lui-même la
pâte (voir Séparer ou non liants et
pigments). Le mélange à la spatule doit être effectué un peu plus longuement
et
vigoureusement que pour les autres couleurs. En dehors de
ce détail technique, il ne pose aucun problème particulier. Il est
légèrement plus absorbant que la moyenne, c'est tout. Lire
passage in Mauvaise absorption.
*
il est parfois un peu trop bleu ! Il faut souvent lui adjoindre une très
petite quantité de jaune.
*
il est un petit peu coûteux mais son rapport coût/facteur couvrant est plus
intéressant que celui du blanc de lithopone.
Malgré ces menus
inconvénients, l'apport de ce pigment pour tous les procédés de peinture est
immense. De même, il est conseillé d'en ajouter aux blancs naturels comme le
blanc de Meudon lors de la préparation de gessos.
Voir Les
titanes.
Le
blanc de zinc
Composition,
extraction, détails : lire l'article du
glossaire.
Pendant longtemps, le
blanc de zinc a bénéficié d'une réputation de
froideur et de bonne tenue, contrairement à toutes les autres couleurs au zinc, qui ont été abandonnées.
Il a suscité beaucoup d'intérêt malgré sa transparence excessive parce que
le titane naissant était considéré comme étant trop chaud (voir ci-dessus), de même que les blancs
naturels, naturellement grisâtres ou jaunâtres.

Aujourd'hui, l'intérêt
du blanc de zinc pur semble plutôt limité. Certaines variétés contiennent du soufre, ce qui
peut pose
un problème de compatibilité avec les siccatifs au plomb en peinture à
l'huile, si le lavage pigmentaire est de mauvaise qualité. De plus, il est assez
transparent. Pour cette raison, son emploi manque cruellement du confort
remarquable qu'offre le blanc de titane. Il peut cependant rendre des services
pour l'application de vélatures et d'autres glacis.
Le blanc
de lithopone, comportant une variété sulfurée du blanc de zinc, n'a plus maintenant que des
emplois d'arrière plan en peinture artistique.
L'oxyde de zinc et les
arts du feu --> lire l'article du glossaire.
Lecture conseillée :
Le
blanc de zinc sur Pourpre.com

Le
blanc dit d'argent, de Saturne, de plomb ou ceruse
C'est un blanc minéral
à base de plomb, poison violent traité dans une page
séparée.
Le blanc de Jupiter ou blanc de bismuth
A base de bismuth
(métal très lourd, voir tableau des éléments
périodique), c'est un pigment très transparent à utiliser de préférence
en glacis.
Il doit être broyé
d'une manière particulière de sorte à ne pas jaunir. Le procédé est
flamand. Il est mentionné par le Docteur de Mayerne. On fait cuire une part d'huile
de tournesol crue avec de la litharge,
puis on introduit le pigment à froid.
Les
blancs de baryum et de silice
Ils font partie des
blancs dits "naturels" car ils sont très présents dans les terres
blanches. Cependant, un traitement est nécessaire pour les extraire.
Ils
sont traités dans l'article consacré aux terres blanches.
Le blanc
d'étain
Cet oxyde
d'étain (PW15) n'est pas un pigment très courant. Il ne
brille pas par sa présence dans les catalogues. En fait, c'est un composé SnO3 (stannate)
que l'on marie avec d'autres composés pour former des
sels. Nous ignorons s'il est aussi utilisé
parfois sous forme pure en peinture mais de toute façon cet emploi serait plus
que marginal.

Sa principale
utilisation se trouve dans la fabrication du
bleu caeruleum (photo ci-contre), ou du
moins de certaines versions ce cette couleur. Dans
ce bleu, il "rompt" la teinte franche du cobalt avec lequel il est
associé. C'est lui qui apporte toute
sa subtilité à cette couleur.
Le
chlore
L'élément sur la table de Mendeleïev
Article du glossaire
Ce n'est pas un pigment,
pourtant cette substance permet sous certaines formes (notamment l'eau de Javel),
de blanchir les tissus et les papiers trop jaunes, mais aussi "d'ouvrir un
blanc" dans une aquarelle - et d'autres peintures à l'eau - et à ce titre,
il mérite d'être
mentionné dans cet article.
Claude Berthollet
découvrit les vertus décolorante du chlore en 1791. Ce faisant, il a
bouleversé l'univers chromatique des tissus car il était
pratiquement impossible ou du moins très difficile auparavant d'obtenir un
blanc véritablement pur et permanent (la méthode la plus courante était le
blanchiment "au pré", lourde par sa mise en oeuvre et peu efficace).
L'eau de Javel est du chlorure ou de l'hypochlorite de sodium ou de
potassium - un sel quelconque comprenant ce non-métal
halogène
gazeux qu'est le chlore - en solution aqueuse. Son nom provient de celui d'un village
devenu un quartier de Paris, où était
implanté le site de fabrication. Simplement séchée à l'air libre, elle produit
un précipité cristallin discret que
l'on ne remarque pas lors d'un emploi ménager. Ce sel se remet en solution en
présence d'eau.
On nous signale que
l'utilisation du chlore pour le blanchiment ne se ferait pas toujours dans des
conditions normales d'hygiène et de sécurité dans certains pays en voie de
développement ou du tiers-monde (voir La
teinte du papier dit 'blanc" in papiers).
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