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Les blancs synthétiques

 

 

 

 

 

 Le blanc de titane 

Contrairement à ce que prétendent encore certains auteurs, il n'est pas jaunâtre du tout : il est légèrement bleuté. A vrai dire, il ne nous a même pas été possible de trouver un blanc de titane à tendance jaune, ni sous forme de pigment, ni sous forme de peinture en tube.

Le procédé de fabrication peut faire varier la teinte de ce pigment tiré d'un minerai, le rutile, TiO2, capable d'arborer les couleurs les plus diverses (lire l'article Les titanes).

 

Sommaire

Le blanc de titane

Le blanc de zinc

Le blanc de lithopone (glossaire)

Le blanc dit d'argent, de Saturne, de plomb ou céruse

Les blancs de baryum et de silice

Le blanc d'étain

Le blanc de Jupiter ou blanc de bismuth

Un cas particulier : le chlore

Il y a gros à parier que les premières synthèses du blanc de titane tiraient sur le jaune, comme certaines sources le mentionnent, et que ce défaut a été compensé par la suite (toute information précise sur l'histoire du blanc de titane sera la bienvenue). Peut-être aussi la mauvaise préparation de certaines huiles transparaissait-elle davantage en présence de ce blanc qui est l'un des plus éblouissants pigments qui soient. A tel point - et ce n'est pas une boutade - que l'on déconseillera de laisser à l'air libre, pendant les nuits d'été, une surface fraîche peinte avec ce pigment tant elle attire les insectes nocturnes qui la confondent avec une source de lumière.

La photo ci-contre permet de comparer le blanc de titane à un blanc de lithopone, mélange de blanc de zinc et de blanc de baryum censé être plutôt neutre.

Le titane a détrôné le blanc de lithopone et les autres blancs pour nombre d'usages parce qu'il est à la fois

* très lumineux

* permanent

* parfaitement stable en mélange (ce qui n'est pas forcément le cas du blanc de lithopone, selon la qualité du lavage du pigment)

* sensiblement dépourvu de toxicité (Lire Blanc de zinc, blanc de titane : toxicité).

Ses défauts :

* il est un peu grumeleux au liage. A cause des temps d'imbibition, il doit être de préférence traité en premier sur la palette lorsque le peintre prépare lui-même la pâte (voir Séparer ou non liants et pigments). Le mélange à la spatule doit être effectué un peu plus longuement et vigoureusement que pour les autres couleurs. En dehors de ce détail technique, il ne pose aucun problème particulier. Il est légèrement plus absorbant que la moyenne, c'est tout. Lire passage in Mauvaise absorption.

* il est parfois un peu trop bleu ! Il faut souvent lui adjoindre une très petite quantité de jaune.

* il est un petit peu coûteux mais son rapport coût/facteur couvrant est plus intéressant que celui du blanc de lithopone.

Malgré ces menus inconvénients, l'apport de ce pigment pour tous les procédés de peinture est immense. De même, il est conseillé d'en ajouter aux blancs naturels comme le blanc de Meudon lors de la préparation de gessos.

Voir Les titanes.

 

Le blanc de zinc 

Composition, extraction, détails : lire l'article du glossaire.

Pendant longtemps, le blanc de zinc a bénéficié d'une réputation de froideur et de bonne tenue, contrairement à toutes les autres couleurs au zinc, qui ont été abandonnées. Il a suscité beaucoup d'intérêt malgré sa transparence excessive parce que le titane naissant était considéré comme étant trop chaud (voir ci-dessus), de même que les blancs naturels, naturellement grisâtres ou jaunâtres.

Aujourd'hui, l'intérêt du blanc de zinc pur semble plutôt limité. Certaines variétés contiennent du soufre, ce qui peut pose un problème de compatibilité avec les siccatifs au plomb en peinture à l'huile, si le lavage pigmentaire est de mauvaise qualité. De plus, il est assez transparent. Pour cette raison, son emploi manque cruellement du confort remarquable qu'offre le blanc de titane. Il peut cependant rendre des services pour l'application de vélatures et d'autres glacis.

Le blanc de lithopone, comportant une variété sulfurée du blanc de zinc, n'a plus maintenant que des emplois d'arrière plan en peinture artistique.

 

L'oxyde de zinc et les arts du feu --> lire l'article du glossaire.

Lecture conseillée : Le blanc de zinc sur Pourpre.com

 

 

 Le blanc dit d'argent, de Saturne, de plomb ou ceruse 

C'est un blanc minéral à base de plomb, poison violent traité dans une page séparée.

 

 

 Le blanc de Jupiter ou blanc de bismuth 

A base de bismuth (métal très lourd, voir tableau des éléments périodique), c'est un pigment très transparent à utiliser de préférence en glacis.

Il doit être broyé d'une manière particulière de sorte à ne pas jaunir. Le procédé est flamand. Il est mentionné par le Docteur de Mayerne. On fait cuire une part d'huile de tournesol crue avec de la litharge, puis on introduit le pigment à froid.

 

 

 Les blancs de baryum et de silice 

Ils font partie des blancs dits "naturels" car ils sont très présents dans les terres blanches. Cependant, un traitement est nécessaire pour les extraire.

Ils sont traités dans l'article consacré aux terres blanches.

 

 Le blanc d'étain

Cet oxyde d'étain (PW15) n'est pas un pigment très courant. Il ne brille pas par sa présence dans les catalogues. En fait, c'est un composé SnO3 (stannate) que l'on marie avec d'autres composés pour former des sels. Nous ignorons s'il est aussi utilisé parfois sous forme pure en peinture mais de toute façon cet emploi serait plus que marginal.

Sa principale utilisation se trouve dans la fabrication du bleu caeruleum (photo ci-contre), ou du moins de certaines versions ce cette couleur. Dans ce bleu, il "rompt" la teinte franche du cobalt avec lequel il est associé. C'est lui qui apporte toute sa subtilité à cette couleur.

 

 Le chlore 

L'élément sur la table de Mendeleïev

Article du glossaire

Ce n'est pas un pigment, pourtant cette substance permet sous certaines formes (notamment l'eau de Javel), de blanchir les tissus et les papiers trop jaunes, mais aussi "d'ouvrir un blanc" dans une aquarelle - et d'autres peintures à l'eau - et à ce titre, il mérite d'être mentionné dans cet article.

Claude Berthollet découvrit les vertus décolorante du chlore en 1791. Ce faisant, il a bouleversé l'univers chromatique des tissus car il était pratiquement impossible ou du moins très difficile auparavant d'obtenir un blanc véritablement pur et permanent (la méthode la plus courante était le blanchiment "au pré", lourde par sa mise en oeuvre et peu efficace).

L'eau de Javel est du chlorure ou de l'hypochlorite de sodium ou de potassium - un sel quelconque comprenant ce non-métal halogène gazeux qu'est le chlore - en solution aqueuse. Son nom provient de celui d'un village devenu un quartier de Paris, où était implanté le site de fabrication. Simplement séchée à l'air libre, elle produit un précipité cristallin discret que l'on ne remarque pas lors d'un emploi ménager. Ce sel se remet en solution en présence d'eau.

On nous signale que l'utilisation du chlore pour le blanchiment ne se ferait pas toujours dans des conditions normales d'hygiène et de sécurité dans certains pays en voie de développement ou du tiers-monde (voir La teinte du papier dit 'blanc" in papiers).

 

 

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